Olivier BechtMonsieur le Premier ministre, il y a près de six mois, la hausse des carburants a déclenché un mouvement social sans précédent, révélant ainsi une crise plus profonde. Cette crise avait au moins trois dénominateurs communs : le prix de l'énergie, le montant des retraites, le niveau des salaires, autrement dit le reste à vivre de ceux qui, malgré leur travail, ne parviennent pas à boucler leurs fins de mois. À ces demandes, une première réponse a été apportée en décembre. Puis, le grand débat a permis à chacun de s'exprimer sur ses difficultés, ses attentes, et sur l'avenir du pays. Parmi les annonces du Président de la République jeudi dernier, on peut saluer l'allégement de la charge fiscale pesant sur les classes moyennes, la réindexation des petites retraites sur l'inflation – comme nous l'avions demandé depuis sa suppression –, l'engagement en faveur d'une retraite minimale à 1 000 euros, ou encore le maintien des services publics au plus près des territoires ruraux.
Et maintenant, monsieur le Premier ministre ? Ce sont 8 milliards d'euros supplémentaires de dépenses, qui s'ajoutent aux 10 milliards de décembre. Le plus dur reste à faire.
Je veux parler d'un plan de réduction de la dépense publique, pour que les mesures d'aujourd'hui ne soient pas la dette et les impôts de demain. Salaires, retraites et, surtout, prix de l'énergie : les racines de la crise demeurent et la réponse ne peut se focaliser sur les symptômes. Nous sommes toujours convaincus que la seule issue pérenne est la construction d'un nouveau projet de société et d'un nouveau modèle économique, social et environnemental.