Martine WonnerMa question s'adresse à Mme la ministre des solidarités et de la santé.
Madame la ministre, alors que notre assemblée a adopté en première lecture le projet de loi de financement de la sécurité sociale il y a quelques jours, je tiens à vous adresser mes plus sincères remerciements. Vous avez eu un courage que personne n'avait eu avant vous. C'est une réforme inédite de la psychiatrie que nous avons enclenchée. Conditions d'accueil des patients et de travail des soignants dégradées, système favorisant l'enfermement au détriment de la réhabilitation sociale : nous avions cinquante ans de retard à rattraper.
Dans la continuité des deux rapports que j'ai remis cette année, vous entendez répondre à l'un des nombreux dysfonctionnements de notre système : les inégalités de financement entre régions, entre les différents établissements d'une même région et selon le statut des établissements, publics ou privés. Le nouveau modèle de financement prend en considération les besoins du territoire, l'activité des établissements, l'innovation et la qualité des soins, tout en encourageant les synergies entre acteurs dans les territoires.
Vous avez annoncé 100 millions d'euros supplémentaires pour la psychiatrie en 2020, sachant que 150 millions avaient déjà été attribués cette année. Ce faisant, nous adressons à l'ensemble des patients, des familles, des soignants, des médecins et des fédérations un message résolument positif.
La santé mentale a besoin d'une vraie révolution : nous devons en finir avec l'hospitalo-centrisme, encourager le virage ambulatoire, redéployer les actions vers le social ou le médico-social et remettre enfin les patients au cœur du système.
Madame la ministre, sur cette question comme sur d'autres – je pense à l'accès aux soins pour les plus démunis, notamment les demandeurs d'asile –, vous avez toujours fait primer la santé publique et les droits fondamentaux sur les logiques comptables. De ce point de vue, sachez que vous aurez toujours à vos côtés ceux qui, sur ces bancs, ne sont prêts à aucun marchandage ni aucun sacrifice de nos valeurs sur l'autel de considérations politiciennes.
S'agissant de la psychiatrie, pouvez-vous nous préciser les modalités d'entrée en vigueur de la réforme ?