Valérie BeauvaisMadame la secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, vous tirez prétexte de la transition écologique pour imposer un dispositif de consigne pour recycler les bouteilles en plastique.
Il faut cesser, madame la secrétaire d'État, le concours Lépine des fausses bonnes mesures appliquées en matière de développement durable, qui ne servent en rien l'environnement mais augmentent les coûts pour les collectivités et, par conséquent, les taxes des contribuables. Soyez certaine que, comme nombre de nos concitoyens adeptes du tri sélectif, je fais bien la différence entre la consigne de contenant pour réemploi, qui permet de réduire la production, et la consigne de contenant recyclable, comme celle concernant les bouteilles en plastique.
Or, plutôt que de défendre la consigne de réemploi, qui est essentielle, vous défendez la consigne plastique qui est un non-sens environnemental. Elle conduit à verdir l'image du plastique au lieu d'en réduire la production et risque d'entretenir, voire d'augmenter, la consommation de bouteilles en plastique à usage unique.
Au-delà de ce constat, les interrogations qui pèsent sur votre consigne sont encore bien trop nombreuses. À qui profiteront les 120 millions d'euros que devront payer les consommateurs comme mise de départ ? Comment entendez-vous assurer et organiser, en milieu rural, les points de collecte des bouteilles consignées ? Ne considérez-vous pas que le système de collecte pourrait favoriser les zones commerciales au détriment du commerce de proximité ? Quelles compensations financières seront apportées aux collectivités territoriales ?
N'oubliez pas, madame la secrétaire d'État, que les collectivités ont consenti de nombreux efforts, notamment en matière d'investissements, pour améliorer la collecte et le retraitement des bouteilles en plastique.
Votre projet de consigne pose un nombre très important de questions qui restent sans réponse. Il est si fouillis et mal ficelé qu'il suscite des doutes jusque dans les rangs de votre propre majorité, à tel point que la mesure a été rejetée lors de l'examen du projet de loi en commission, la semaine dernière.
Le Président de la République lui-même s'est montré beaucoup plus prudent que vous à ce sujet puisqu'il a assuré, lors de son discours devant les maires de France, que la consigne pour recyclage ne se ferait pas sans le consentement des maires. Madame la secrétaire d'État, pouvez-vous enfin lever l'opacité qui pèse sur votre projet de consigne ?