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🧭Gouvernement Philippe 2


















le président

La parole est à M. François-Michel Lambert.
François-Michel Lambert

Monsieur le Premier ministre, « si nous ne changeons pas notre mode de vie de toute urgence, nous mettons en péril la vie elle-même ». Ces mots d'António Guterres, secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, prononcés le 2 décembre en ouverture de la COP25, traduisent l'urgence vitale dans laquelle nous nous trouvons.

Ils appellent à un changement systémique, rapide et profond dans nos manières de produire, de prélever, de construire, de nous nourrir, de nous déplacer ; un changement réel, traduction d'une volonté politique réelle, celle de prendre le problème à bras-le-corps, de passer de la parole aux actes. Mais cette volonté semble encore faire défaut, de façon totalement incompréhensible. À Madrid, la chaise vide du président Macron, étrangement absent, fournit bien la démonstration que l'urgence climatique n'est plus la priorité du Gouvernement.

Écoutons les opinions publiques qui s'emparent du sujet, écoutons les scientifiques qui ne cessent de nous alerter, écoutons la jeunesse qui ne veut pas d'un monde lancé sur la trajectoire suicidaire que nous lui laissons.

Monsieur le Premier ministre, les mots ne suffisent plus, il faut agir, prendre des mesures courageuses, visionnaires, qui dépassent les partis, les clivages et les intérêts particuliers ; agir pour rompre avec nos habitudes, arrêter la procrastination, ne plus se raconter d'histoires. Il y va de notre responsabilité collective. Pour l'instant, incapables de tenir nos engagements de la COP21, nous ne sommes pas à la hauteur.

Ma question est directe : où est la France au sein de la COP25 ? Quel message exprimons-nous ? Quels engagements prenons-nous ? Que répondons-nous à l'interpellation prémonitoire du secrétaire général de l'ONU ?
le président

La parole est à Mme la secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire.
Brune Poirson,
secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire.
Monsieur le député, « écoutons, écoutons, écoutons », dites-vous ; non seulement nous écoutons, mais, en outre, nous agissons. J'étais il y a quelques jours encore, avec le Premier ministre, à Madrid, à la COP25. Élisabeth Borne y est en ce moment même.
Pierre Cordier

Elle y est allée en avion ?
Maxime Minot

Voilà qui est écologique !
Éric Straumann

Et Mme Royal, où est-elle ?
Brune Poirson,
secrétaire d'État .
Nous sommes au rendez-vous. La France se bat pour la neutralité carbone au niveau européen.
Pierre Cordier

En construisant des éoliennes ?
Brune Poirson,
secrétaire d'État .
Aujourd'hui encore, à la veille de la publication du Green Deal européen, nous nous engageons pour demander que soit fixé l'objectif de 55 % de réduction des émissions carbone d'ici à 2030. Mieux encore, nous mobilisons des financements. Il y a quelques mois encore, nombreux étaient ceux qui prédisaient que nous échouerions à mobiliser les financements climat. Or non seulement la France a été au rendez-vous, mais c'est grâce à la France, grâce à l'implication d'Emmanuel Macron, grâce à celle du Premier ministre, de tous les ministres ici présents, du ministère des finances,…
Aurélien Pradié

Alléluia !
Brune Poirson,
secrétaire d'État.
…que nous avons réussi à lever près de 10 milliards de dollars pour le climat !
Bérengère Poletti

Alors tout va bien !
Brune Poirson,
secrétaire d'État.
De plus, nous avons transformé, avec nos partenaires européens, la Banque européenne d'investissement en banque du climat.
Maxime Minot

Tout va très bien, madame la marquise !
Brune Poirson,
secrétaire d'État.
Ce sont ainsi 1 000 milliards d'euros qui vont être investis dans la transition écologique d'ici à 2030.
Maxime Minot

Heureusement que vous êtes là !
Brune Poirson,
secrétaire d'État .
Tout cela, c'est cette majorité qui y a travaillé, qui a voté en matière climatique des lois très ambitieuses qui commencent à s'appliquer dès maintenant.
Éric Straumann

Ce n'est pas l'avis de Nicolas Hulot !
Brune Poirson,
secrétaire d'État.
Où est la France, me demandez-vous, monsieur le député ? Elle est plus qu'au rendez-vous : elle est l'une des lumières dans le chaos actuel, à l'échelle internationale, en matière de préservation de l'environnement.
Aurélien Pradié

Ne regardez pas trop le soleil, vous allez vous brûler les yeux !
Éric Straumann

Hulot, reviens !
Brune Poirson,
secrétaire d'État.
Il faut encore des nations courageuses ; nous en sommes une : nous sommes sur le devant de la scène et nous n'avons jamais craint d'afficher nos ambitions climatiques !
le président

La parole est à M. François-Michel Lambert.
François-Michel Lambert

Vous conviendrez, madame la secrétaire d'État, que l'urgence, pour le Gouvernement, semble être la réforme des retraites et votre stratégie de division du pays consistant à monter les Français les uns contre les autres , plutôt que l'indispensable mobilisation pour le climat. Mais nous en reparlerons bientôt !
🚀