Alain BruneelMonsieur le Premier ministre, votre gouvernement et votre majorité rivalisent d'éloges sur la réforme des retraites que vous proposez. Celle-ci serait bonne pour les citoyens, bonne pour la jeunesse. Elle ne ferait que des gagnants et pas de perdant.
Si vous êtes si sûr de vous, de vos convictions, pourquoi refusez-vous aux citoyens d'être au cœur des débats ?
Quelque 67 % d'entre eux réclament un référendum.
Pourtant, hier, la majorité a rejeté la motion référendaire que nous avons signée avec soixante collègues. Des arguments indignes et arrogants ont été avancés pour tenter de justifier ce refus ; c'est un manque de respect de la démocratie et des citoyens. En vérité, vous avez peur du peuple.
Vous savez bien qu'il n'y a pas, dans le pays, de majorité favorable à ce que les Français travaillent plus longtemps pour une pension moindre, sur laquelle vous appuyer. Vous refusez d'entendre le mouvement social qui s'exprime depuis plusieurs mois et la colère profonde qui gronde désormais dans tous les milieux professionnels. Vous avancez seul contre tous, oreilles bouchées et yeux bandés, pour défendre, coûte que coûte, les seuls intérêts des plus hauts revenus.