Éric CoquerelLe 13 avril, le Président soulignait aussi que « notre pays, aujourd'hui, tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal ».
Le Gouvernement a dû nous cacher les notes de bas de page de ces discours lénifiants, car nos héros d'hier se trouvent aujourd'hui en salle d'attente : les mois passent, et l'on ne voit venir ni reconnaissance accrue, ni revalorisations des rémunérations. Pire, en remettant en question les 35 heures, vous semblez expliquer aux soignants qu'ils devront travailler plus pour gagner plus. Vous aviez pourtant promis de vous réinventer. Qu'attendez-vous donc ? Il serait pourtant si simple d'écouter, pour une fois, rien qu'une, les soignantes et les soignants !
Voilà des mois, voire des années, qu'ils vous répètent avec espoir les mêmes revendications, celles qui les conduisent encore aujourd'hui à se rendre par dizaines de milliers devant l'Assemblée nationale : revaloriser les salaires et mieux reconnaître les qualifications, développer des plans de formation et de recrutement massifs dans les hôpitaux et les EHPAD ; renforcer les moyens des établissements, arrêter les fermetures, rouvrir des services et des lits. Cessez de lanterner ! Le temps presse : le Ségur n'a rien de sûr. Écoutez-les, plutôt que de prétendre responsabiliser l'hôpital public en lui donnant plus d'autonomie ! Cette politique a été pendant des années synonyme d'austérité et a contribué à tuer l'hôpital.
Les soignants ne veulent pas être les commerciaux ou les VRP de votre start-up nation. Ils veulent prendre soin de leurs patients et avoir les moyens de les traiter dignement, c'est-à-dire de disposer de plus de cinq minutes par douche ou de ne pas devoir compter le prix de chaque transfusion.
Quand allez-vous les entendre et agir ? Attendez-vous que la prochaine vague épidémique frappe un système de santé qui sera tout aussi dépourvu de moyens qu'à l'heure actuelle ?