Nicole Sanquer À côté du principe d'égalité entre tous les fonctionnaires de l'État, l'appartenance des Français d'outre-mer à la République a toujours justifié l'adoption de mesures adaptées à leurs territoires. Plusieurs avancées en faveur d'une égalité réelle – révision de l'indemnité temporaire de retraite, prime d'installation pour les militaires, congés bonifiés – ont pu être déployées, ce dont je vous remercie.
Cependant, les travaux ne sont pas terminés, car plusieurs injustices et discriminations persistent pour les Ultramarins engagés pour la France et par la France. Ainsi les Français du Pacifique sont-ils considérés comme des Français de l'étranger par les administrations de l'État.
Par ailleurs, les fonctionnaires du Pacifique pâtissent d'une absence de réciprocité de traitement lorsqu'ils doivent suivre une formation ou intégrer un service en France : alors que les fonctionnaires hexagonaux affectés en outre-mer bénéficient de dispositifs d'accompagnement pour faciliter leur installation dans nos collectivités, il n'en est rien pour les lauréats de concours ultramarins lorsqu'ils doivent exercer dans l'Hexagone, ce qui les contraint souvent à rompre tout lien familial jusqu'à l'espoir d'un retour.
En outre, le retour dans nos territoires est compliqué et compromis, car conditionné à l'obtention d'un centre des intérêts matériels et moraux qui demeure contraignant et subjectif. Est-il demandé à un Breton ou à un Niçois de prouver ses origines pour obtenir une affectation prioritaire dans son territoire de rattachement ? Non !
Enfin, je pense à nos militaires engagés pour la France, souvent oubliés dans les circulaires et décrets prévoyant le bénéfice d'avantages tels que l'affectation préférentielle ou le calcul de l'avancement.
Vous l'aurez compris, les fonctionnaires et les militaires ultramarins sont contraints de mener un véritable combat pour bénéficier des droits reconnus aux autres agents. Monsieur le ministre, pour rendre tout leur sens aux propos tenus publiquement par le président Emmanuel Macron en juillet 2021 lors de son déplacement en Polynésie Française : « Ici, c'est la Polynésie ; ici, c'est la France ! », dans quels délais entendez-vous mettre en place des mesures concrètes pour assurer aux agents ultramarins qu'ils sont pleinement reconnus comme Français à part entière, et non comme Français à part ?