Christophe Proença Monsieur le ministre des transports, quand je monte dans le train Intercités pour rentrer dans ma circonscription, j'ai souvent l'impression de tourner une scène de Retour vers le futur. L'aventure commence à la gare d'Austerlitz – en travaux depuis des années –, et elle se poursuit dans une rame Corail, mise en service en 1975 – cela fait cinquante ans, un demi-siècle ! Il ne manque plus que Françoise Sagan dans le compartiment, se rendant dans le Lot, pour une immersion totale ! La ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, qui est un chef-d'œuvre, est devenue un chef-d'œuvre d'abandon républicain !
On y circule plus lentement qu'il y a cinquante ans – il me faut quarante-cinq minutes de plus que mon prédécesseur, Martin Malvy, pour gagner Paris. Les trains s'arrêtent de plus en plus tôt – à Limoges ou à Brive – et les suppressions et retards sont le lot quotidien des 5 millions de concitoyens desservis par la ligne. Vous me direz que des travaux ont bien lieu – c'est vrai –, que des milliards ont été promis – ils sont dépensés –, et que des rames Oxygène sont annoncées – elles le sont depuis 2019, nous les attendons toujours !
Les Lotois sont résilients, mais ils s'épuisent. Il n'y a pas un seul député des circonscriptions desservies par la ligne qui n'ait déjà posé la question : mais que faites-vous ? Chaque fois, on nous promet que cette fois, c'est la bonne. Pourtant, la réalité, c'est que des territoires entiers comme le Lot sont relégués. Nous habitons la Terre du Milieu, mais c'est la France ! Nous avons droit comme Lille, Marseille, Strasbourg ou Rennes à des dessertes rapides et modernes.
Le 15 avril, nous étions des centaines d'élus et d'usagers à prendre le train de la colère pour monter à Paris, comme on dit chez nous, pour vous voir. Vous n'avez même pas cru bon de nous recevoir. Sortirons-nous d'Un jour sans fin où les problèmes perdurent chaque matin et les promesses ministérielles s'envolent pendant que les ministres se succèdent ?