Frédérique Meunier Madame la ministre, je souhaite appeler votre attention sur une question cruciale : l'évolution de notre politique d'aménagement du territoire, en particulier l'objectif, fixé par la loi, de zéro artificialisation nette – ZAN.
Comme vous le savez, une proposition de loi visant à instaurer une trajectoire de réduction de l'artificialisation concertée avec les élus locaux, dite Trace, a été récemment déposée au Sénat. Cette initiative est d'une importance capitale, car elle prévoit des modalités simplifiées de comptabilisation de l'artificialisation et assouplit la trajectoire de réduction pour la période 2021-2031. Composée de cinq articles, elle supprime l'objectif intermédiaire de réduction de 50 % du rythme d'artificialisation. De plus, elle inverse la logique de territorialisation des objectifs, offrant ainsi la flexibilité nécessaire pour répondre aux enjeux locaux. Avec ces nouvelles règles, les Sraddet, les schémas régionaux d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires, pourraient être modifiés jusqu'en 2026 et les communes auraient jusqu'en 2036 pour réviser les plans locaux d'urbanisme et les plans locaux d'urbanisme intercommunal – PLU et PLUI. Il est à noter que cette proposition avait reçu l'aval de l'ancien premier ministre, Michel Barnier, lors d'une question d'actualité au gouvernement, le 20 novembre 2024 : cela témoigne de son intérêt et de son potentiel.
Sur le terrain, les maires et tous les élus locaux ne parlent que du ZAN. Les entreprises du bâtiment, les entreprises de proximité ainsi que les particuliers attendent de voir la loi évoluer. Lorsque, après le covid, nos concitoyens ont eu l'envie très légitime de quitter les villes pour s'installer à la campagne, ils se sont retrouvés coincés, parce qu'ils ne pouvaient que restaurer des édifices en ruines ou très légèrement étendre des bâtiments existants. En définitive, ils ne pouvaient plus venir dans la ruralité – or vous savez combien son développement est important pour nos territoires. Si l'on donnait la perspective d'une extension des possibilités de construction, cela changerait la donne – et rassurez-vous, il ne s'agit pas de construire des HLM, mais d'engager une réflexion pour que l'on puisse profiter des terrains disponibles dans nos petites communes, dans nos villages, tout en leur conservant un caractère rural.