Prisca Thevenot En janvier 2024, le président de la République qualifiait l'infertilité de tabou du siècle. Aujourd'hui, un couple sur quatre ne parvient pas à concevoir un enfant après douze mois ou plus d'essais. Si des avancées indéniables ont été accomplies, nous devons aller plus loin. La sensibilisation du public ainsi que l'amélioration de l'accès aux soins et au parcours de procréation médicalement assistée ont marqué, grâce à l'ancienne majorité, une première étape importante. Mais le grand plan de lutte contre l'infertilité, annoncé il y a un an, doit désormais voir le jour.
Engagée sur ces questions depuis plusieurs années, je reçois de nombreux témoignages de grande préoccupation et de détresse. L'accès à la PMA, qui concerne aussi bien les couples que les femmes seules, se révèle inégal selon les régions et les centres ; des critères d'éligibilité fluctuants et des délais d'attente qui s'allongent entravent également le déroulement de ces parcours.
Outre l'accompagnement des projets parentaux empêchés par l'infertilité, il est essentiel d'instaurer un volet de prévention. En effet, nous savons qu'une détection précoce permet d'anticiper et de mieux accompagner certaines causes médicales d'infertilité. L'endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques touchent 10 % des femmes, tandis que la varicocèle concerne 15 % des hommes. Bien souvent, ces pathologies entraînent une baisse de la fertilité. Par ailleurs, la santé environnementale doit être sérieusement prise en compte. Le nombre de spermatozoïdes a chuté de 50 % dans les pays occidentaux depuis 1973. Les perturbateurs endocriniens, la pollution, l'alimentation et le mode de vie affectent directement la fertilité.
Madame la ministre, face à ces constats – non exhaustifs –, il est urgent d'agir. Je souhaite donc connaître les mesures que le gouvernement entend prendre pour garantir une meilleure prise en charge de l'infertilité. Prolongerez-vous le travail transpartisan accompli en la matière au cours des dernières années ?