Yaël Ménaché Monsieur le ministre chargé des transports, je veux vous interroger sur le projet de réforme précipitée du contrôle aérien de l'aéroport d'Albert-Méaulte Henry Potez, qui menace de licenciement les salariés de l'usine Airbus et qui ne permettra certainement pas de faire face à la hausse du trafic aérien, lequel augmente de 2 % chaque année.
Tous les ans, 12 000 avions environ décollent et atterrissent dans cet aéroport, qui compte actuellement quatre contrôleurs aériens et un chef de la circulation aérienne. À côté de cet aéroport se trouve l'usine historique d'Airbus, à Méaulte, où travaillent près de 2 000 employés dépendant directement de l'aéroport. En effet, celui-ci a été conçu initialement pour le passage de l'Airbus Beluga, qui assure le transport vers Saint-Nazaire des pointes avant produites dans cette usine.
Si la suppression de postes de contrôleurs aériens, remplacés par des agents de guidage, proposée par la direction générale de l'aviation civile, aboutit, le passage du Beluga ne sera plus possible en raison de l'insuffisante sécurité aérienne. L'usine risque alors de fermer et ses 2 000 salariés de perdre leur emploi. Ce serait une étape de plus dans le désengagement de l'État envers notre pays, une étape de plus vers la désindustrialisation, alors même que l'usine pourrait voir ses bons de commande doubler dans les années à venir.
Il y a déjà deux ans, pour pallier les lacunes du contrôle aérien, sources de multiples retards et de nombreuses annulations de vols, le directeur général de la DGAC a demandé aux ministères concernés de répondre aux besoins de recrutement d'aiguilleurs du ciel. J'aimerais des précisions sur les moyens financiers consacrés au recrutement de contrôleurs aériens par l'aéroport d'Albert-Méaulte, ainsi que sur les moyens déployés pour assurer la sécurité aérienne de cet aéroport et permettre le maintien de 2 000 emplois dans la région, au sein de l'un des fleurons de l'aéronautique française.