Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l'autonomie et du handicap . Permettez-moi de vous apporter la réponse du ministre de la santé : il confirme que, dans les Deux-Sèvres, comme ailleurs malheureusement, l'accès aux soins est devenu une difficulté quotidienne. Six millions de Français n'ont pas de médecin traitant et les délais pour obtenir une consultation avec un médecin sont parfois supérieurs à un an dans certaines spécialités.
Face à cette réalité, nous ne pouvons nous contenter de faire « un peu plus », il nous faut changer d'échelle. Nous nous y employons ! Notre stratégie repose sur le pilier fondamental de la formation : sans professionnels de santé, il n'y a pas d'accès aux soins ! Aujourd'hui, nous formons le même nombre de médecins qu'en 1970 alors que la France compte quinze millions d'habitants supplémentaires ! Il faut 2,3 jeunes médecins pour remplacer un seul départ à la retraite.
C'est pourquoi le gouvernement a encouragé un véritable choc de formation qui passe par la mise en œuvre de la quatrième année d'internat en médecine générale dès novembre 2026 avec 3 700 docteurs juniors présents dans tous les départements, la suppression du numerus apertus au profit d'objectifs de formation définis territorialement, la mobilisation des universités, des agences régionales de santé et des collectivités pour ouvrir davantage de stages en dehors des centres hospitaliers universitaires et le retour des 12 000 étudiants français partis se former à l'étranger faute de places chez nous. Les ministres de la santé et de l'enseignement supérieur réuniront, dès le mois prochain, tous les doyens de faculté pour accélérer ce mouvement. Les premiers ajustements pourront être mis en œuvre dès la rentrée 2025. Nous devons former mieux, plus et partout !
Ce n'est pas tout : nous facilitons aussi l'exercice des médecins étrangers avec une procédure d'intégration simplifiée, un statut protecteur et l'ouverture de 4 000 places cette année aux épreuves de vérification des compétences.
Nous accompagnons mieux nos soignants en revalorisant à 30 euros le prix de la consultation, en déployant des assistants médicaux et en soutenant l'exercice coordonné dans les maisons de santé.
Monsieur le député, nous ne construisons pas une réforme isolée mais un changement de modèle : davantage de formation, davantage de coordination et de reconnaissance et, surtout, une réponse plus ancrée dans les besoins des territoires.