Laurent Lhardit Le littoral sud de Marseille, qui compose en partie la circonscription dans laquelle je suis élu, est un des plus beaux littoraux du monde. Entre mer et collines, derrière les villages des Goudes, de Callelongue, de l'Escalette et de Montredon, une triste réalité se cache pourtant, fruit d'une histoire industrielle dense et terminée depuis peu. Les dépôts de scories, résidus hautement toxiques, pour certains cancérigènes, contiennent des concentrations élevées de métaux lourds, comme le plomb ou l'arsenic, qui représentent une menace pour l'environnement et pour la santé publique. Outre qu'elles polluent les sols en profondeur, les particules toxiques affleurent et sont dispersées par le vent ou entraînées par ruissellement vers la mer.
Au cœur du parc national des calanques, l'héritage de ce passé industriel pèse lourdement, tant sur les sols, contaminés, que sur les habitants, exposés à cette pollution. L'affaire n'est pas nouvelle : dès 2005, l'Institut national de veille sanitaire avait alerté sur les risques d'exposition pour les résidents et les visiteurs. Il a néanmoins fallu attendre 2013 pour voir les premières actions concrètes, comme les diagnostics et études de l'Agence de la transition écologique, qui se sont étalés jusqu'en 2023.
Cette pollution a été reconnue par la justice à la fin de l'année dernière : le 16 décembre 2024, le tribunal administratif de Marseille a reconnu la responsabilité de l'État et l'a condamné à dépolluer soixante-dix-sept dépôts répartis sur 29 hectares, entre Mont-Rose et Callelongue, d'ici à juin 2028. Je salue évidemment cette première victoire, historique, même si je regrette que les riverains n'aient pas obtenu l'indemnisation qu'ils demandaient. En tant que député, j'ai le devoir de défendre ces habitants, ici dans cet hémicycle, après tant d'années d'oubli.
Les Marseillais demandent un plan de dépollution complet, rapide et encadré, pour qu'ils cessent enfin de vivre dans la crainte d'être exposés chaque jour à ces pollutions toxiques. Je pense notamment au site de l'usine Legré-Mante – à ce sujet, je remercie l'Union calanques littoral, l'Association santé littoral sud et la Fédération d'action régionale pour l'environnement Sud d'avoir été de véritables lanceurs d'alerte.
Monsieur le ministre, je vous demande de veiller à informer les habitants et les élus sur les avancées en la matière, car ils sont les principaux concernés. L'Ademe affiche certes un calendrier de travaux, mais celui-ci reste imprécis. Les Marseillais peuvent-ils compter sur l'État pour protéger leur santé et leur environnement, et pour défendre l'intérêt général de la population du littoral sud de Marseille face à ce grave problème de pollution ?