Amélie de Montchalin, ministre chargée des comptes publics . Vous appelez l'attention de mon collègue Marc Ferracci, ministre chargé de l'industrie et de l'énergie, sur l'accompagnement non seulement de ce site, mais, plus largement, de toute la filière des sous-traitants automobiles, dans le cadre de la transition vers le véhicule électrique.
Depuis octobre 2023, nous mettons en œuvre un plan dédié à ces sous-traitants. Il s'agit d'investir dans la filière, de favoriser sa compétitivité et sa diversification. Depuis 2020, les aides au secteur représentent un engagement de plus de 2 milliards d'euros, pour 6 milliards d'investissements consentis. Ces aides ont permis de réduire de trois à quatre ans l'âge moyen du parc de machines, qu'il convenait de moderniser, pour le rendre plus efficace et compétitif. Nous avons en outre encouragé la recherche et développement dans l'utilisation de matériaux biosourcés et la création de filières de recyclage. Plus largement, l'objectif est que la fabrication se fasse en France, des vélos électriques aux poids lourds en passant par le matériel agricole.
Par ailleurs, nous avons obtenu – c'est une très grande victoire – une révision rapide du règlement européen qui pénalisait les sous-traitants. Les flexibilités ainsi obtenues éviteront des difficultés en cascade chez les équipementiers, qui représentent la majorité des emplois de la filière.
Vous le savez, les sous-traitants ont besoin de temps : ils sont pris en tenaille entre des efforts de diversification hors de l'automobile qui n'ont pas encore complètement porté leurs fruits, des volumes de voitures électriques encore insuffisants et des commandes historiques de voitures thermiques en baisse. Résultat : les constructeurs se fournissent malheureusement de plus en plus en Chine, pour réduire les prix sans baisser leurs marges.
Nous travaillons sur cette question au niveau européen avec Stéphane Séjourné, commissaire européen à la prospérité et à la stratégie industrielle. Nous tenons à ce que les véhicules commercialisés en Europe aient un contenu local, de sorte qu'ils n'y soient pas seulement vendus, mais aussi, de plus en plus, produits. Outre l'assemblage final, la fabrication des composants doit aussi se faire en Europe, au bénéfice des sous-traitants.
Cette transition n'est pas fluide, ni parfaitement linéaire. Il peut arriver qu'il n'y ait pas d'autre solution que la restructuration. L'État est alors présent pour accompagner cette opération ainsi que la formation des salariés, tout en assurant un dialogue social de qualité. Par exemple, nous avons mobilisé des fonds importants pour la reprise de la Fonderie de Bretagne.
Dans le cas que vous évoquez, nous serons très vigilants non seulement sur l'accompagnement des salariés et de leurs familles, de sorte qu'ils puissent rebondir sur le territoire, mais aussi sur l'avenir du site, qui ne doit pas devenir une friche. Nous avons tenu il y a quelques semaines à Versailles l'édition 2025 de la réunion Choose France. L'État accompagne la transformation de tels sites industriels en sites dits clés en main. Ainsi, chaque fois qu'un industriel s'intéresse à la France, nous pouvons lui indiquer les endroits où il peut déployer rapidement son activité : ayant connu une activité industrielle comparable, ces sites sont déjà équipés et les autorisations environnementales ont déjà été accordées.
Le site que vous mentionnez pourrait tout à fait être ajouté à la liste des sites pris en mains pour les prochains investisseurs ou repreneurs, français ou étrangers, qui souhaitent étendre leur activité. J'y veillerai en lien avec le cabinet de Marc Ferracci.