Laurence Garnier, secrétaire d'État chargée de la consommation . La Fonderie de Bretagne est un sous-traitant emblématique en Bretagne et pour Renault, qui en a été longtemps l'actionnaire – vous l'avez rappelé. Créée en 1965, l'entreprise compte aujourd'hui 300 salariés ; elle produit des pièces de fonderie principalement destinées au secteur de l'automobile.
L'histoire du site a été mouvementée : le groupe Renault l'a cédé une première fois en 1999, avant de le racheter en 2009. L'entreprise a ensuite été vendue en 2022 à l'investisseur allemand Callista, qui n'a pas réussi à redresser la pente ni à diversifier les activités du site. La Fonderie de Bretagne est donc de nouveau en vente.
Le fonds allemand Private Assets a fait une offre de reprise qui pourrait permettre d'apporter de nouvelles ressources à l'usine et d'accompagner la stratégie de diversification que j'évoquais à l'instant, qui doit absolument se poursuivre. Toutefois, à ce stade, cette offre n'est pas pleinement financée. Si le candidat à la reprise est prêt à apporter des contrats qui alimenteront le carnet de commandes, ceux-ci ne suffiraient pas à couvrir les pertes de l'entreprise le temps que l'activité se redresse.
Nous avons donc engagé des discussions avec Renault, qui représente 90 % du chiffre d'affaires de l'entreprise, pour trouver des solutions. Une réunion a été organisée par le cabinet du ministre de l'industrie, Marc Ferracci – en votre présence, monsieur le député –, la semaine dernière. Nous continuons de discuter chaque jour avec Renault pour parvenir à un accord et nous avons demandé à la délégation interministérielle aux restructurations d'entreprises d'être pleinement mobilisée sur ce sujet qui est une priorité du gouvernement.
Enfin, plus largement, le secteur de l'automobile traverse des difficultés à la fois conjoncturelles et structurelles. Vous connaissez l'engagement du gouvernement à soutenir, au niveau européen, un plan de soutien à l'industrie de l'automobile en France. Le ministre de l'économie a indiqué vouloir réunir un comité stratégique de filière consacré à l'industrie automobile dans le courant du mois de décembre. Ce plan doit comporter plusieurs volets : il doit passer par un soutien à la demande, qui est vraiment en difficulté en ce moment, et à l'offre, mais aussi par des actions de défense commerciale en faveur desquelles le gouvernement plaidera auprès de ses partenaires européens, afin de faire face aux actions de dumping pratiquées en dehors de l'Union européenne et qui – vous l'avez certainement à l'esprit – sous-tendent nos échanges de ce matin.