La transformation de la politique des ressources humaines de l'éducation nationale permet de valoriser l'engagement et le mérite des personnels qui œuvrent chaque jour à la réussite des élèves. Conformément à l'engagement du Président de la République, ayant pour objectif de reconnaître l'engagement auprès des élèves qui rencontrent le plus de difficultés, le régime indemnitaire des agents exerçant en réseau d'éducation prioritaire renforcé (REP+) sera revalorisé à hauteur de 3 000 € nets. Il ne s'agit pas tant d'indemniser l'intervention dans des conditions difficiles que de valoriser une dynamique, impulsée par l'ensemble de l'équipe, pour permettre aux élèves de progresser. C'est pourquoi cette revalorisation s'effectue en trois temps : à la suite de la revalorisation annuelle de 1 000 € nets intervenue à la rentrée scolaire 2018, les personnels exerçant en REP+ ont bénéficié, à la rentrée scolaire 2019, d'une nouvelle revalorisation annuelle de 1 000 € nets. Une troisième revalorisation interviendra en 2020, qui comprendra une part modulable en fonction de l'engagement collectif des équipes. Les réseaux REP et REP+ ne se limitent pas aux zones urbaines et comprennent aussi des établissements et écoles situés en territoires ruraux lorsque ceux-ci accueillent un public confronté à de fortes difficultés socio-économiques. La comparaison entre ces réseaux et les territoires ruraux doit toutefois être nuancée. A titre d'exemple, le pourcentage d'élèves issus des catégories socioprofessionnelles défavorisées est de 38,88 % dans les collèges localisés dans les territoires ruraux, contre un peu plus de 67 % en REP+, la moyenne nationale étant située autour de 40 % [1]. Par ailleurs, les territoires ruraux sont confrontés à des besoins tout à la fois spécifiques et divers, la ruralité recouvrant des réalités géographiques, démographiques, économiques et sociales multiples. Ils bénéficient en conséquence de dispositifs qui leur sont propres. Le ministre travaille avec les élus des territoires concernés, pour améliorer l'attractivité des écoles dans les zones rurales et de montagne, par le biais de conventions ruralité : après 40 conventions ruralité signées à la rentrée 2017, 66 nouvelles conventions auront été signées en 2018 et 2019. Les enseignants peuvent y être recrutés par le biais de postes à profil afin d'offrir aux élèves une offre éducative de qualité. Ces conventions ruralité pourront faire l'objet d'avenants, afin de prendre en compte les avancées des transformations à venir. C'est en effet une réflexion d'ensemble sur la prise en compte des spécificités multiples des territoires de toutes catégories que le ministère va ouvrir. Au vu de l'importance des évolutions territoriales à l'œuvre depuis plusieurs années, une mission d'appui aux services du ministre a en effet été confiée à A. Azéma et P. Mathio avec l'objetif de formaliser des propositions de territorialisation de politiques éducatives dans leur ensemble, de l'éducation prioritaire au monde rural dans sa diversité. [1] Rapport de l'IGEN et IGAENR n° 2018-080, Mission ruralité Adapter l'organisation et le pilotage du système éducatif aux évolutions et défis des territoires ruraux Rapport d'étape n° 2, Juillet 2018