Didier Guillaume,
Ministère de l'agriculture et de l'alimentation •
9 juil. 2019La mise sur le marché d'insectes à des fins de consommation humaine est encadrée par une législation harmonisée au niveau communautaire. Le règlement (UE) n° 2015/2283 soumet tout nouvel aliment à une autorisation communautaire avant sa mise sur le marché. Ainsi, les insectes doivent faire l'objet d'une demande d'autorisation auprès de la Commission européenne et d'une évaluation complète par l'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour pouvoir être commercialisés en vue de l'alimentation humaine. Plusieurs dossiers ciblant la mise sur le marché de produits dérivés d'insectes en tant que nouveaux aliments sont en cours d'instruction au niveau européen. Si une autorisation venait à être délivrée, celle-ci serait valable pour l'ensemble du marché de l'Union européenne et pas uniquement sur le territoire national. Il demeure toutefois exclu d'autoriser la mise sur le marché d'insectes ou de produits dérivés d'insectes en l'absence d'une évaluation complète du risque pour la santé humaine. En effet, l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, dans son avis de 2015 relatif aux risques sanitaires en lien avec la consommation d'insectes, concluait que « les insectes vivants et transformés peuvent être considérés comme des réservoirs et/ou des vecteurs potentiels d'agents biologiques (et de leurs toxines), chimiques et physiques susceptibles d'affecter la santé de l'homme et de l'animal lors d'une consommation directe ou indirecte via l'alimentation des animaux de rente ». L'EFSA, dans son avis de 2015, concluait quant à elle à un manque de données et à des incertitudes relatives au danger potentiel des insectes utilisés à des fins de consommation humaine. Dans la mesure où la décision d'autorisation de mise sur le marché revient à la Commission européenne assistée par le comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, il n'est pas souhaitable de légiférer au niveau national sur la commercialisation d'insectes pour l'alimentation humaine ce qui reviendrait à surtransposer la réglementation européenne.