🤔Intégration de l'ESS dans le plan de relance de l'économieMme Barbara Bessot Ballot attire l'attention de Mme la ministre de la transition écologique et solidaire sur la place et le rôle de l'économie sociale et solidaire (ESS) dans le plan de relance de l'économie. L'économie sociale et solidaire est désormais inscrite dans le paysage économique et social, représentant environ 10 % du PIB en France et en Europe. Au cœur des nombreuses réflexions menées sur l'économie et la société « post-covid », l'ESS a toutes les raisons d'imaginer qu'elle peut aller « plus loin », et peut-être même d'être en passe de devenir le modèle économique de demain. Dans ce sens, elle doit avoir une place centrale dans le plan de relance de l'économie. Cet écosystème d'acteurs incarne en effet l'économie engagée et solidaire que cette crise rend aujourd'hui indispensable. Secteur lourdement impacté par la crise du covid-19, l'ESS a su aussi répondre présente pendant cette étape difficile de l'Histoire, parfois même douloureuse pour bon nombre d'acteurs socioéconomiques. Les entreprises, engagées, se sont mobilisées, et les actions solidaires se sont multipliées, partout dans les territoires. Le secteur semble d'ailleurs être renforcé. En effet, la crise a mis en perspectives les valeurs portées par un secteur en plein essor, et les notions « d'utilité », « d'intérêt général », « d'économie à impact », « entrepreneuriat social » prennent aujourd'hui tous leurs sens. Alors que l'État a soutenu l'économie française et les milliers de PME françaises par un dispositif « bouclier » d'une ampleur inédite, on sait sans naïveté que toutes les entreprises ne se relèveront pas ou, tout du moins, devront se réinventer en profondeur. L'ESS a là tout son rôle à jouer : elle a par exemple déjà créé des mécanismes de solidarité et d'entraide entre indépendants, par exemple la coopérative d'activité et d'emploi. Au sortir de cette crise, beaucoup sera à (re)construire, partout dans les territoires, les Français en sont conscients ; ils sont volontaires pour faire bouger les lignes. En ce sens, l'entrepreneuriat social est le réceptacle naturel de cette énergie, et l'engagement vers le virage économique, écologique et inclusif semble plus que jamais être « à l'ordre du jour ». Le pouvoir transformateur de l'ESS doit alors constituer un fil rouge de l'action publique pour les mois et années à venir, et on doit être au rendez-vous pour accompagner toutes celles et ceux qui souhaitent s'engager dans cette démarche. L'alimentation est sans doute le secteur où le besoin de recréer du lien, du sens, du partage équitable de la valeur se fait le plus criant : parce qu'elle relève de la première nécessité ; parce qu'une alimentation saine, sûre, durable reste l'une des priorités ; parce que, de la terre à l'assiette, c'est le terroir, l'héritage, le patrimoine ; parce que les chaînes de valeur telles qu'elles se sont organisées ces dernières décennies sont injustes pour les petits producteurs, et par extension pour les territoires ruraux, qui en font aujourd'hui les frais ; enfin, parce qu'elle doit être profondément repensée au regard de son impact sur l'environnement : circuits courts, usage raisonné d'intrants, ventes directes. L'ESS semble alors être l'articulation indispensable pour défendre l'accès partout et pour tous à une alimentation saine, sûre, durable et de qualité, basée sur un modèle économique plus juste. Véritable levier de désenclavement territorial, l'ESS est le modèle économique le plus à même de concrétiser l'urgence de faire émerger un écosystème d'acteurs économiquement viable, solidaire et écologiquement responsable. Dans ce sens, elle l'interroge sur les réflexions et discussions engagées par le Gouvernement vis-à-vis de la place et du rôle de l'économie sociale et solidaire dans le plan de relance de l'économie.