Sylvie TolmontMadame la ministre des solidarités et de la santé, il aura fallu six mois d'une crise inédite avec la moitié des services d'urgence de notre pays en grève pour que vous consentiez à présenter un « pacte de refondation ».
Certaines mesures, tel le service d'accès au soin 24 heures sur 24, vont certes dans le bon sens, mais elles ne pourront avoir des effets qu'à long terme.
La vraie lacune de votre plan réside dans son financement. Lorsque vous annoncez 750 millions d'euros en redéploiement de crédits existants sans expliquer quelles coupes budgétaires vous allez opérer, vous signez un tour de passe-passe et restez sourde aux recommandations de la Cour des comptes d'augmenter le nombre de médecins urgentistes de 20 %. Pour rappel, nous vous avions demandé, en juin dernier, de débloquer 600 millions d'euros supplémentaires dans ce but.
Madame la ministre, la crise profonde et grave que traverse notre système de santé ne sera pas résolue par une simple réorganisation. Notre système est performant grâce à l'excellence de nos soignants – c'est d'ailleurs pourquoi nous avions créé 39 000 postes lors du précédent quinquennat.
Sans recrutement de personnels soignants et sans création de lits supplémentaires, vos mesures resteront d'ordre cosmétique.
À quoi bon des filières d'admission directe pour les personnes âgées sans création de lits supplémentaires alors que l'existant est saturé ?
Comment renforcer l'offre de consultations médicales sans rendez-vous en cabinet de ville ou en maison de santé alors que la démographie médicale ne permet déjà pas de répondre aux besoins de la population ?
Comment organiser les vidéos-assistance entre les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes – EHPAD – et le service d'aide médicale urgente – SAMU – alors que les personnels sont en sous-effectifs et surchargés ?
Madame la ministre, allez-vous prendre conscience de la réalité du mauvais fonctionnement de notre système de santé qui rend urgentes l'adoption d'un moratoire de fermeture de lits et l'augmentation significative de l'objectif national de dépenses d'assurance maladie – ONDAM – à l'occasion du prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale ?