Alain BruneelMadame la ministre des solidarités et de la santé, l'acte 2 de votre Gouvernement, c'est une mauvaise retraite, c'est une mauvaise santé. Après plus de six mois de grève dans les services d'urgences, vous venez de délivrer une énième ordonnance. Une nouvelle fois, vous tapez à côté du clou : des mesurettes loin de la réalité du terrain, des éléments de langage rodés et un plan de communication bien huilé qui ne répondent en rien à la crise profonde que vivent les personnels et les patients au quotidien. Ce que vous appelez « pacte de refondation » ne tient pas compte de la souffrance, du manque de moyens matériels et humains.
Deux cent quarante-neuf services d'urgence en grève vous alertent. Il faut les entendre, il faut les écouter !
Vous sortez de votre chapeau 750 millions d'euros étalés sur trois ans. D'où vient cet argent ? Nul ne le sait, à part vous. Vous avez raboté les finances de l'hôpital en 2018 et en 2019 de 2,6 milliards. On se demande si vous allez encore déshabiller Paul pour habiller Jacques. Bien que l'ensemble des syndicats et le collectif inter-urgences vous le réclament depuis de nombreux mois, vous n'annoncez aucune réouverture massive de lits, alors que plus de 100 000 ont été supprimés en vingt ans. Vous n'annoncez pas non plus d'augmentation des effectifs ni des salaires. Vous vantez la télémédecine, mais, derrière les écrans, il faudra toujours des soignants. Il est plus qu'urgent de tenir des réunions, bassin de vie par bassin de vie, pour faire le point sur la réalité des établissements de santé.
Selon vos propres mots, madame la ministre, « chacun détient une part de la solution ». Dans cet état d'esprit, je vous demande officiellement, au nom du groupe communiste, de soumettre au Parlement la proposition de loi déposée en mai dernier par notre groupe instaurant un moratoire des fermetures d'établissements, de services, de lits et des regroupements hospitaliers.