Perrine GouletMa question s'adresse à Mme la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.
Ce soir, elle est allée se coucher. La dispute et les coups entre ses parents sont terminés ; tout est calme. Elle a fini de pleurer ; elle s'endort. Bientôt, elle sera réveillée par un coup de feu ; le sang maternel maculera la moquette. C'était il y a 42 ans. Sa mère s'appelait Danielle, elle a été assassinée par son mari. Avec ses frères et sœurs, elle a découvert la signification du mot « orphelin ».
En 2019, les femmes victimes de féminicides s'appellent Monica, Julie ou encore Salomé. Elles sont 104 à avoir succombé sous les coups de leur conjoint, ex-conjoint ou petit ami. Combien d'autres sont encore enfermées dans la violence, dans l'attente des coups ou des insultes ?
Ce phénomène n'est évidemment pas nouveau, mais il n'est plus tolérable.
Le 3.9.19, madame la secrétaire d'État, vous avez lancé le Grenelle des violences conjugales afin d'étudier les pistes susceptibles de faire évoluer notre société. Détecter, prévenir, protéger, tel est l'enjeu du Grenelle des violences conjugales.
N'oublions pas les enfants : ils sont 140 000 à vivre dans un foyer où une femme, leur mère, est victime de violences. N'oublions pas ces orphelins de mère et enfants de meurtriers qui doivent, tout au long de leur vie, porter le poids de leur histoire. Leur fardeau est encore plus lourd lorsque leur père conserve l'autorité parentale – alors que, non !, un mari violent ne sera jamais un bon père !
Ces enfants doivent aussi affronter le jour où le meurtrier de leur mère sort de prison, et peut-être seront-ils condamnés à subvenir à ses besoins quand il sera âgé. Ils doivent être mieux pris en charge.
Madame la secrétaire d'État, pouvez-vous nous en dire davantage sur le Grenelle que vous avez lancé et sur les premières mesures annoncées pour lutter contre les féminicides ? Pouvez-vous m'assurer que la situation des enfants sera bien prise en compte dans les échanges, notamment concernant leurs liens juridiques avec leur parent violent ?