Adrien QuatennensVous avez beau commencer tous vos discours sur le sujet par un concert de louanges adressées au modèle par répartition, c'est bien son contournement que vous préparez. En choisissant de maintenir la part des ressources destinées à financer les retraites à 14 % du PIB alors que tout indique que le nombre de seniors va augmenter, vous préparez une baisse généralisée des pensions. Le gâteau restera le même alors que nous serons toujours plus nombreux à table. Voici la vérité que vous ne dites jamais aux Français !
Pour disposer d'une pension digne, il faudra travailler toujours plus longtemps alors même qu'un senior sur deux n'est plus en emploi à l'âge où il est censé partir à la retraite. Bien sûr, l'âge légal sera maintenu, mais si vous partez à 62 ans, ce sera avec une retraite de misère !
Vous faites des quarante-deux régimes spéciaux l'épouvantail poussant les Français à se jalouser entre eux alors que ces régimes ne concernent que 3 % de la population.
Le progrès, ce n'est pas s'user la vie au travail. En augmentant les salaires, en mettant à contribution les revenus financiers des entreprises, en mettant un terme aux inégalités salariales entre les femmes et les hommes et en créant des emplois, nous pourrions financer un système de retraite dans lequel l'âge de départ serait fixé à 60 ans.
Monsieur le Premier ministre, dites la vérité aux Français sur votre réforme : à l'exception des assureurs et des banques qui gèrent les systèmes par capitalisation, qui va y gagner ?