Christophe Castaner, ministre de l'intérieur. Vous étiez présente ce matin, madame Gregoire, comme de nombreux députés, comme de nombreux membres du Gouvernement, à cette cérémonie présidée par le chef de l'État, afin de rendre hommage à Brice Le Mescam, à Anthony Lancelot, à Damien Ernest, à Aurélia Trifiro.
Permettez-moi d'évoquer une image que je garde en mémoire. J'ai passé beaucoup de temps avec les familles ce week-end, hier soir, ce matin et encore quelques minutes avant de vous rejoindre. Cette image, c'est celle de deux jeunes garçons de 7 et 9 ans qui ont demandé à rencontrer ce gardien de la paix dont ils savent qu'il est un héros, celui qui a abattu l'assassin. Ce gardien de la paix était en poste depuis six jours et a fait ce qu'il devait faire. En l'évoquant, je tiens à saluer toutes nos forces de police qui, depuis 2015, luttent sans relâche contre le terrorisme. Elles ont fait en sorte que cinquante-neuf tentatives soient neutralisées. Elles ont fait en sorte que trois attentats aient été déjoués depuis le début de l'année. Ces femmes et ces hommes travaillent jour et nuit pour protéger les Français.
Alors oui, madame la députée, le choc est violent parce que c'est le cœur même de la préfecture de police qui a été frappé, le cœur même du renseignement, frappé par un employé en fonction depuis 2003, un employé régulièrement habilité « secret défense », la dernière fois en 2013. Alors, en effet, il est nécessaire de comprendre pourquoi la radicalisation de cet individu a pu nous échapper ; nécessaire d'expliquer pourquoi ses camarades, ceux qui partageaient le même bureau que lui, jeudi après-midi, d'après les discussions que j'ai eues avec eux, ont le sentiment qu'il ne s'était pas radicalisé ; nécessaire enfin d'expliquer pourquoi son dossier administratif ne laisse rien apparaître.
C'est en répondant à ces questions que nous ferons en sorte que plus jamais cela ne se reproduise.