Michel LariveEn 2017, il y avait selon la Fondation Abbé-Pierre 150 000 personnes sans domicile fixe en France, soit une augmentation de 50 % en dix ans. D'autres, qui pensaient être à l'abri, ont vu leur toit s'écrouler sur leurs têtes : il y a un an, le drame de la rue d'Aubagne à Marseille faisait huit morts. Alors que notre arsenal législatif permet de conduire des actions de résorption de l'habitat indigne, vous préférez, monsieur le ministre du logement, livrer le parc immobilier social français à la spéculation immobilière avec votre loi dite ELAN.
L'accession au logement est désormais prohibitive pour beaucoup. Ceux qui doivent se loger inventent donc des solutions alternatives ; certains possèdent des terrains privés sur lesquels ils installent une yourte, une maison en paille ou encore une cabane, tandis que d'autres ne peuvent faire autrement que s'installer sous des tentes ! Votre politique mène à la gentrification des métropoles en excluant les populations pauvres et précaires loin du regard des « premiers de cordée ». Ces populations, vous les pourchassez jusque dans les campagnes, avec votre projet de loi dit d'engagement et de proximité. Si les associations n'avaient pas fait pression, vous auriez taxé un SDF de 500 euros au motif qu'il dort dehors. Où doit-il aller ? Il est enfermé dehors ! Vous accordez la possibilité aux maires de prononcer une astreinte de 500 euros à l'encontre de ceux de nos concitoyens qui s'installent dans un habitat alternatif sur leur propriété, même aux confins de l'Ariège – ce qui, en passant, vous donne une arme supplémentaire de coercition contre les gens du voyage.
Monsieur le ministre, jusqu'où pourchasserez-vous la population pauvre et précaire ?