Édouard Philippe, Premier ministre. Monsieur le président Abad, avant de répondre à vos nombreuses questions, permettez-moi de vous féliciter, à mon tour, pour votre élection à la tête du groupe Les Républicains de l'Assemblée nationale. J'adresse également un message à tous ceux qui s'y sont présentés, ainsi qu'à M. Christian Jacob, qui vous a précédé dans vos fonctions. J'espère que nous aurons l'occasion de travailler ensemble, par-delà nos divergences, dans le cadre d'échanges aussi directs que respectueux, comme nous en avons pris l'habitude.
Au détour d'une de vos nombreuses questions – je ne veux pas jouer sur les mots –, vous m'avez demandé si nous souhaitions réinstaurer – je ne me rappelle plus le mot précis que vous avez employé – la laïcité sur tout le territoire. Eh bien, je ne tergiverse pas sur la question de la laïcité, je ne recule pas : j'explique le droit français et notre conception de la laïcité, laquelle est un principe de liberté et de neutralité, qui exige que, sans aucune naïveté, nous ne fassions pas référence à la confession de tel ou tel citoyen mais bien que nous nous adressions à la communauté nationale dans son ensemble.
Je tiens également à rappeler, même si je sais que cette aspect-là de la question ne peut échapper à un député siégeant sur vos bancs, que la loi de 1905 ne s'applique pas à la totalité du territoire national, les deux départements alsaciens et la Moselle n'y étant pas soumis. Je ne sache pas, d'ailleurs, que vous vouliez revenir sur cet état de fait. Ou alors, dites-le, ce serait intéressant.
Nous ne reculons pas et ne voulons pas reculer sur la laïcité. Nous l'entendons clairement : principe de liberté pour les citoyens, principe de neutralité pour les agents publics.