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🧭Gouvernement Philippe 2


















le président

La parole est à M. Ugo Bernalicis.
Ugo Bernalicis

Quelle est la réalité du droit de manifester en France lorsqu'on sait qu'à quatorze heures vingt-trois, samedi dernier, la manifestation parisienne organisée pour le premier anniversaire du mouvement des gilets jaunes, commencée vingt minutes plus tôt, a été interdite ?

Vous avez démis de ses fonctions le préfet de police Michel Delpuech en raison de sa « mauvaise gestion d'une manifestation de gilets jaunes ». Or, ce week-end, malgré la gestion calamiteuse de la manifestation parisienne, le préfet Didier Lallement a conservé ses fonctions. Comment expliquez-vous cette politique de deux poids deux mesures ? Le préfet Lallement a-t-il été maintenu à son poste parce qu'il respectait parfaitement votre consigne selon laquelle il faut gouverner par la peur ? Oui, la peur ! Il suffit, pour s'en convaincre, de regarder la vidéo de ce gilet jaune du Nord, Manuel Timili, en train de discuter tranquillement, qui perd un œil sur un simple tir de grenade lacrymogène.
le président

La parole est à M. le secrétaire d'État auprès du ministre de l'intérieur.
Laurent Nunez,
secrétaire d'État auprès du ministre de l'intérieur.
Vous ne serez pas surpris, monsieur le député, que je ne partage pas votre lecture des événements. La manifestation de samedi dernier à Paris était certes déclarée, son départ était prévu à quatorze heures, mais très vite des individus violents ont commencé à commettre des exactions, et à s'en prendre aux forces de l'ordre. Il était normal, légitime et même juste, dans ces conditions, que la préfecture intervienne pour mettre un terme aux exactions, des exactions d'une grande violence, qui n'avaient rien à voir avec le droit de manifester.
le président

La parole est à M. Ugo Bernalicis.
Ugo Bernalicis

Vous avez raison, monsieur le secrétaire d'État, le désordre que vous avez organisé a mis en danger les policiers, les pompiers, ainsi que les manifestants qui voulaient manifester pacifiquement !

Vous assumez de maintenir le préfet Didier Lallement et par là même de gouverner par la peur.
Laetitia Avia

Ça va pas, non !
Ugo Bernalicis

Vous l'avez nommé en parfaite connaissance de sa réputation, dont la presse s'est faite l'écho. Il est ainsi désigné comme « le nouveau préfet qui fait flipper les flics », celui que ses collègues de Bordeaux surnommaient le « fou furieux ».
Brigitte Bourguignon

Vous n'avez pas le droit de faire ça !
Ugo Bernalicis

C'est donc à dessein que vous l'avez nommé : il y a une adéquation entre votre doctrine du maintien de l'ordre et la réputation de ce préfet, également appelé « l'éborgneur » ou le « fou furieux » !
Rémy Rebeyrotte

Vous devriez avoir honte de dire ça !
Plusieurs députés du groupe LaREM
C'est une honte !
Ugo Bernalicis

Ce week-end, tout a été fait encore pour faire monter la tension et aboutir à un affrontement. La hiérarchie de la préfecture de police, placée sous votre responsabilité, doit assumer d'avoir organisé le désordre. Pour preuve : le parcours de la manifestation modifié pour un point de départ plus dangereux, la place d'Italie comptant actuellement plusieurs chantiers ; cette interdiction ubuesque à quatorze heures vingt-trois ; ou encore, ce journaliste défiguré par une grenade !

Le même préfet qui se félicitait d'avoir matraqué le député Loïc Prud'homme a désormais dans son tableau de chasse les députés Alexis Corbière et Adrien Quatennens, empêchés de quitter la manifestation !

En choisissant le camp de la répression, le Préfet Lallement a quitté le camp de la République. Vous devez le démettre de ses fonctions !
Claude Goasguen

C'est inadmissible ! C'est scandaleux !
Ugo Bernalicis

Vous cherchez à dissuader les Françaises et les Français de manifester le 5 décembre…
le président

Je vous en prie, mes chers collègues, un peu de calme. M. Bernalicis a pu exprimer son opinion.
Claude Goasguen

Quelle opinion ?
le président

La parole est à M. le secrétaire d'État.
Laurent Nunez,
secrétaire d'État.
Je tiens à vous dire, monsieur le député, que nous appliquons la même doctrine depuis un an pour faire face aux violences terribles, trop régulières, que nous connaissons.
François Ruffin

Vous n'avez pas dit un mot des victimes !
Laurent Nunez,
secrétaire d'État .
C'est une doctrine de réactivité, de dispersion et d'interpellation.
François Ruffin

Pas un mot de compassion !
Laurent Nunez,
secrétaire d'État .
Elle a été appliquée par le préfet de police de Paris…
François Ruffin

Pas un seul mot !
Laurent Nunez,
secrétaire d'État .
…comme par tous les préfets en France.
le président

Chers collègues, un peu de calme, s'il vous plaît !
Laurent Nunez,
secrétaire d'État .
Elle a été définie par le Gouvernement. Le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner, l'a proposée dès les événements du 1er décembre 2018.
François Ruffin

Pas un mot de compassion !
le président

Monsieur Ruffin, je vous en prie ! La prochaine fois vous serez rappelé à l'ordre avec inscription au procès-verbal !
Laurent Nunez,
secrétaire d'État .
Il ne s'agit pas d'empêcher le libre exercice du droit de manifester. D'ailleurs, samedi, ce droit a pu s'exercer partout en France…
Claude Goasguen

Défendez votre préfet !
Laurent Nunez,
secrétaire d'État .
… quand il n'y a pas eu de violences. Il s'exerce presque tous les jours, monsieur le député, vous le savez très bien.

La préfecture de police de Paris, comme les autres préfectures de notre pays, en est garante.
François Ruffin

Pas un mot !
le président

Monsieur Ruffin, vous êtes rappelé à l'ordre avec inscription au procès-verbal ! C'est la troisième fois que je vous demande de vous calmer !
Ugo Bernalicis

Vous n'avez rien dit, tout à l'heure, monsieur le président, quand on m'a interrompu pendant ma question !
le président

Monsieur le secrétaire d'État, vous avez la parole.
Laurent Nunez,
secrétaire d'État .
Je voudrais vous rappeler, monsieur Bernalicis, comme l'avait fait avant moi M. le Premier ministre, qu'il n'existe qu'une seule communauté : la communauté nationale.

Il n'y a qu'un seul camp, monsieur le député, qui nous réunit tous, les forces de l'ordre, le Gouvernement, les membres de la représentation nationale et tous ceux qui veulent manifester paisiblement : celui de la République !
Jean-Luc Mélenchon

Vous n'avez pas eu un mot pour les personnes qui ont été éborgnées ! Pas un mot !
le président

Je vous demande de cesser immédiatement vos hurlements et de vous asseoir !
le président

Monsieur Mélenchon, veuillez regagner votre place !
le président

Du calme ! On ne peut pas passer son temps à stigmatiser la violence et donner un tel spectacle de violence verbale ! Sachez vous tenir ! Asseyez-vous immédiatement !
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