Jean-Hugues RatenonDouze personnes ont perdu la vie à cause des pluies torrentielles qui frappent le sud-est de la France.
Parallèlement, monsieur le Premier ministre parlait hier « d'écologie souriante ». Pourtant, ce drame ne fait pas sourire ! De nombreux autres territoires vont connaître des catastrophes similaires.
Mon île, La Réunion, va potentiellement connaître un accroissement de la température de 4 degrés Celsius. Nos côtes seront submergées, des milliers d'habitations seront noyées et les événements climatiques extrêmes vont s'intensifier et se multiplier. Chez moi, la moitié des habitants vivent à une altitude inférieure à 150 mètres : où vont-ils aller ?
L'humanité n'est pas prête à subir ces changements climatiques. Il y aura donc de nouveaux morts.
L'« écologie souriante » que vous promettez est une politique du déni, qui culpabilise les plus pauvres lorsqu'ils prennent leur voiture pour aller au travail et déculpabilise les riches lorsqu'ils ferment le robinet en se brossant les dents.
Cent entreprises multinationales, vos amies, sont responsables à elles seules de plus de 70 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. Voilà la réalité ! Le monde se noie, et vous, les nantis, continuez à compter les billets de banque.
Monsieur le Premier ministre, nous ne subirons plus le coût écologique et social de vos privilèges – fini de sourire ! Le peuple ne veut plus de cette caste qui, en plus d'exploiter les travailleurs, ravage la planète.
Fini le monde qui s'effondre sous le poids des terres accaparées et de la pollution des océans ! Fini le monde submergé par les déchets des riches qui rendent malades les gens d'un bout à l'autre de la planète !
Nos vies ont de la valeur, une révolution verte est nécessaire pour construire des logements décents, pour une économie qui ne tue plus, et un monde qui ne se noie pas.
Monsieur le Premier ministre, êtes-vous prêts à changer ? Car vos privilèges et ceux de vos amis sont criminels !