Agnès Firmin Le BodoDans son livre Un si long silence, Sarah Abitbol, ancienne championne de patinage artistique, accuse de viol l'un de ses anciens entraîneurs. Avant tout, je tiens à saluer son courage et à l'assurer de tout notre soutien. J'ai été extrêmement touchée par ce témoignage, en tant que femme, mais aussi en tant qu'ancienne patineuse et membre de cette fédération que je connais donc bien – très bien.
Madame la ministre des sports, vous avez demandé la démission de Didier Gailhaguet, président de la Fédération française des sports de glace, et dénoncé « un dysfonctionnement général » de celle-ci. Je ne peux qu'approuver votre démarche constructive, d'autant que la réaction inappropriée, choquante, de M. Gailhaguet, et ses propos mettant en cause, sans la nommer, l'ancienne ministre des sports Marie-George Buffet – que je salue – sont aussi abjects que scandaleux.
Je salue la décision du parquet de Paris, qui a ouvert une enquête préliminaire pour viol sur mineur par personne ayant autorité sur la victime, et souhaite identifier les autres personnes ayant pu subir des faits de même nature. « Une fédération sportive, ce n'est ni la police, ni la justice », a déclaré M. Gailhaguet. Eh bien, je souhaite que la police et la justice fassent tout pour qu'il soit enfin mis un terme à ces affaires sordides, malheureusement encore fréquentes et trop souvent passées sous silence. J'espère que l'issue de celle-ci apportera un certain réconfort à Sarah et à toutes les victimes.
Plus largement, il faut désormais protéger, rassurer et accompagner les autres sportives et sportifs qui auraient eu à subir d'aussi ignobles agissements. Madame la ministre, vous avez lancé l'année dernière un vaste plan de mesures pratiques. Il est urgent d'agir. Je ne peux évidemment que vous encourager. Quels moyens concrets prévoyez-vous pour prévenir ce fléau, qui ne touche que trop de disciplines et de fédérations ?