Hervé BervilleJ'associe à ma question mes collègues députés bretons de la majorité, notamment Mme Melchior et MM. Bothorel, Kerlogot, Le Gac, Joncour, ainsi que le président Ferrand. Les éleveurs de porcs, particulièrement en Bretagne, se trouvent dans des situations intenables : à la flambée des charges et des prix de l'alimentation, qui ont augmenté de 30 % en un an, s'ajoute une baisse du prix payé au producteur et un engorgement du marché européen. Une majorité des exploitations perd désormais, chaque mois, des milliers d'euros. Près d'un éleveur sur trois pourrait mettre la clé sous la porte d'ici un an.
Cette crise, mes chers collègues, vient de loin. Elle porte aussi le nom de ceux qui tentent d'organiser l'échec des lois pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, dites EGALIM. Elle porte le nom de ceux qui préféreraient le retour à la loi de modernisation de l'économie dite LME de 2008, sous Sarkozy, qui, je le rappelle, a dérégulé le secteur de l'alimentation et a fait des agriculteurs la variable d'ajustement de la guerre des prix. La conjugaison de tous ces éléments place les éleveurs dans une situation financière insoutenable, ce qui risque d'ailleurs d'entraîner la faillite de toute la filière. Derrière ce constat, il y a des femmes et des hommes qui se lèvent tôt, qui ont le goût du travail bien fait, qui nous nourrissent. Il y a des éleveurs à quelques mois de la retraite, qui voient leur rêve de transmission remis en cause. Il y a des jeunes, qui voient leurs projets d'installation paralysés.
Monsieur le ministre de l'agriculture et de l'alimentation, vous êtes récemment venu visiter un élevage dans le Morbihan et dans les Côtes-d'Armor. Vous élaborez, depuis une semaine, des solutions à la crise, avec l'ensemble de la profession et avec les syndicats – je salue notamment les fédérations départementales des syndicats d'exploitants agricoles, les Jeunes agriculteurs et la chambre d'agriculture –, pour ne laisser aucun éleveur dans l'impasse. Votre écoute et votre travail se sont concrétisés par la présentation, hier, d'un plan de 270 millions d'euros ,…