Bruno StuderÀ l'occasion de cette dernière séance de questions au Gouvernement, je voudrais d'abord saluer et remercier tout particulièrement l'ensemble des membres de la commission des affaires culturelles et de l'éducation, que j'ai eu l'honneur de présider.
Ma question s'adresse à Mme la ministre de la culture. Quel contraste, lorsque au plus fort de la crise, de l'autre côté de la Manche, nous entendions un premier ministre et son gouvernement dire aux artistes anglais : « Reconvertissez-vous, changez de métier », alors que le gouvernement français, sous l'autorité de Jean Castex et par votre voix, tenait un discours radicalement différent, en disant aux artistes : « Tenons bon, parce que nous avons et nous aurons plus que jamais besoin de la culture, de cet esprit de la nuance qui doit présider à nos destinées individuelles et à notre destin collectif ».
Les résultats de la politique de soutien alors appliquée – année blanche pour les intermittents du spectacle, chômage partiel, fonds de soutien, ou encore maintien des commandes publiques – sont déjà visibles. Ainsi, près de la moitié des films présentés au dernier Festival de Berlin étaient produits ou coproduits par des Françaises et des Français.
Madame la ministre, vous êtes bien la ministre des artistes : durant ces mois difficiles, vous leur avez permis de continuer à créer et à préparer la rencontre avec leur public. Vous êtes tout autant la ministre du public, notamment du jeune public, que vous n'avez jamais perdu de vue. À cet égard, je veux saluer une nouvelle fois votre engagement, puisqu'en collaboration avec Jean-Michel Blanquer, vous avez étendu le pass culture à tous les élèves dès la classe de quatrième. Il faut exhorter notre jeunesse à multiplier les sorties culturelles , à vivre la culture comme une expérience sensible.
Cette extension intervient au moment où, au-delà de la crise conjoncturelle à laquelle nous avons répondu ensemble sur tous les bancs de l'Assemblée nationale, émergent de façon accélérée de nouvelles pratiques et de nouveaux usages numériques qui charrient le risque d'un enfermement des consciences dans des algorithmes, dans des univers parallèles organisés et gouvernés par des entreprises extra-européennes. Ces risques, qui pourraient menacer les efforts menés depuis cinq ans pour l'émancipation et l'autonomie de chacune et de chacun, peuvent aussi se transformer en opportunité. Quels sont les grands leviers d'ores et déjà actionnés par le ministère de la culture pour répondre à ce défi ?