Cyrille Isaac-Sibille L'Insee a publié hier le bilan démographique du pays pour l'année 2024. Le constat est clair, avec une bonne et une mauvaise nouvelle : la mauvaise est une baisse inquiétante des naissances, la bonne une hausse de l'espérance de vie, qui accélère cependant le vieillissement de notre population.
Un système de santé obéit à un cycle long. Ses acteurs – établissements hospitaliers, médico-sociaux, innovations thérapeutiques – ont besoin d'investissements de long terme.
Nous avons l'obligation d'anticiper ces besoins futurs. Comme l'a indiqué hier le premier ministre, nous devons passer « d'une logique budgétaire annuelle, à une logique de financement pluriannuel ».
Cette nouvelle approche nécessite que le Parlement et le gouvernement se mettent d'accord sur des objectifs de santé, des priorités, et des moyens pour les atteindre. Pour ce faire, un document, la stratégie nationale de santé, existe déjà, qui fixe les priorités sur dix ans. Notre groupe plaide depuis longtemps pour qu'elle puisse être présentée et débattue au Parlement en amont des débats sur le budget de la sécurité sociale. Les priorités seraient alors fixées, notamment en faveur de la prévention qui doit devenir la porte d'entrée de notre système de santé. Il conviendrait ensuite d'élaborer une loi de programmation pluriannuelle.
Il s'agit là d'une approche radicalement différente et nouvelle de la santé car s'appuyant autant sur les besoins que sur les ressources. Je sais qu'au-delà de notre groupe, cette vision fait consensus. Vous trouverez sur ces bancs un large soutien transpartisan pour accompagner une telle démarche et promouvoir une politique systémique et – j'ose le terme – industrielle de prévention, visant la production de comportements favorables à la santé.
Monsieur le ministre de la santé, comment comptez-vous mettre en œuvre la feuille de route décidée par le premier ministre en vue d'adopter une stratégie pluriannuelle de besoins et de ressources consacrées à notre santé ?