Olivier Serva Dans ma circonscription, l'usine de sucrerie et rhumerie de Marie-Galante connaît de sérieux tumultes financiers. Et pour cause : l'État central ne respecte pas ses engagements, pourtant pris le 26 juillet 2023 par le préfet de l'époque, la région, le département et le directeur de l'usine, sous l'égide du ministre délégué chargé des outre-mer de l'époque, M. Jean-François Carenco. À ce jour, les engagements de l'usine concernant la bonne réalisation des travaux de mise aux normes des rejets aqueux ont été tenus. Le préfet aussi bien que le directeur de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de Guadeloupe considèrent que les 4,8 millions d'euros manquants doivent être versés. Or votre direction de cabinet, madame la ministre de l'agriculture, semble s'opposer au paiement de ce solde.
Cette rétention des subventions dont l'usine est injustement privée met en grave péril plus de 1 200 emplois sur une île déjà fortement éprouvée par le chômage, les sargasses et la double insularité. Les Marie-Galantais sont sacrifiés sur l'autel du « fantchouisme » technocratique. Je regrette d'ailleurs que dans les rangs de votre ministère, certains se comportent davantage en fossoyeurs qu'en serviteurs de l'agriculture guadeloupéenne !
Le triste portrait que je dresse de l'agriculture guadeloupéenne doit être complété par l'évocation des filières de diversification, notamment végétales. L'année dernière, la filière coco a été écartée des filières bénéficiaires des financements de l'Office de développement de l'économie agricole d'outre-mer issus du programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité. Des centaines d'agriculteurs ont été durement ébranlés par cette mesure.
Je conclurai mon propos par deux questions : quand l'État versera-t-il à l'usine les subventions manquantes afin que l'entreprise poursuive une activité pérenne ? Quand la filière coco sera-t-elle réintégrée dans celles qui bénéficient des financements de l'Odeadom ?