Nathalie Colin-Oesterlé En Moselle, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville a déclenché le plan Blanc, entraînant la déprogrammation totale de l'activité – toute l'hospitalisation n'est plus consacrée qu'aux urgences – et le rappel de soignants épuisés, privés de congés. En Meurthe-et-Moselle, les urgences de l'hôpital de Val de Briey ont dû fermer pendant les vacances de Noël, faute de personnel, 50 % des postes de médecins urgentistes étant vacants.
Dans tout le pays, ce sont quatre-vingt-sept plans Blancs qui ont été déclenchés. Ces dispositifs, qui devraient être exceptionnels, deviennent la norme ; ce n'est pas acceptable. Partout, des patients attendent des heures sur un brancard, au péril de leur vie. Partout s'observe un manque cruel de soignants.
À Longjumeau, c'est une femme de 20 ans qui est décédée d'un arrêt cardiaque après avoir attendu des heures sur un brancard. À Villeneuve-Saint-Georges, c'est une femme de 26 ans qui est morte dans une salle d'attente bondée. À cela s'ajoutent les agressions intolérables que subissent les soignants, comme la semaine dernière encore, à Annemasse, où certains d'entre eux ont été violemment attaqués et blessés. Nous leur réitérons notre plein soutien et espérons que justice sera rendue.
En 2024, le groupe Horizons avait défendu et fait adopter à l'unanimité une proposition de loi visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé. L'inscrire à l'ordre du jour du Sénat serait un message fort, entendu par tous les soignants. Nous comptons sur vous, monsieur le ministre de la santé !
La crise des urgences s'aggrave chaque année et cet hiver tout particulièrement, au gré d'une épidémie de grippe très virulente. Des solutions existent : favoriser le développement des centres de soins non programmés pour désengorger les urgences ; développer le numérique en santé ; régionaliser les formations ; renforcer l'incitation à l'installation.
La santé doit rester une absolue priorité de votre gouvernement. Comment comptez-vous agir pour mettre fin à l'enchaînement de crises que nous connaissons ? Quels moyens allez-vous déployer pour éviter de nouveaux drames et pour garantir un accès rapide et digne aux soins d'urgence ?