Sophie Taillé-Polian …vous financez votre politique probusiness par des économies sur les travailleurs. D'abord, vous annoncez une nouvelle journée de solidarité, c'est-à-dire un jour de congé en moins pour tous les travailleurs. C'est gratuit… Ensuite, vous conservez la plus juteuse mesure budgétaire concernant la paye des fonctionnaires : 10 % de salaire en moins en cas d'arrêt de travail, c'est presque 1 milliard d'économies faites sur le dos des agents publics malades. Avec vous, ce sont toujours les plus fragiles qui trinquent !
De même, vous refusez de voir les conséquences sociales désastreuses de la réforme des retraites pour les personnes dans l'incapacité de travailler en raison des effets de la pénibilité de leurs anciens postes ; pour les femmes, qui y perdent beaucoup ; pour les salariés à la carrière longue ; pour celles et ceux qui occupent des emplois précaires et, enfin, pour les seniors – le nombre de personnes de plus de 62 ans inscrites à France Travail a déjà doublé.
Pourtant, que vous le vouliez ou non, il existe, à l'Assemblée nationale comme dans le pays, une majorité opposée à la retraite à 64 ans. Nous avons maintenant besoin de clarté. Vos tentatives d'explications après votre refus de prononcer les mots « abrogation » ou « suspension » ne nous ont pas rassurés et n'ont fait qu'embrouiller les choses. Vous devez maintenant nous dire si vous vous engagez, quel que soit le résultat des conclaves, des conciles et des missions flash en cours, sur le fait que le Parlement pourra débattre de la réforme des retraites à fond, c'est-à-dire sans exclure de parler de son abrogation et du retour à un âge de départ de 62 ans. Vous engagez-vous à n'utiliser aucune des manœuvres bien connues de Mme Borne pour corseter le débat ? Vous engagez-vous à respecter la démocratie et à renoncer à tout usage du 49.3 ? Le Parlement doit voter !