Jean-Hugues Ratenon À La Réunion, les facteurs du désordre convergent vers l'explosion sociale, entre une crise sanitaire inévitable du fait de l'épidémie du chikungunya et la poussée très inquiétante du trafic de drogues dures, à l'origine, selon moi, de la hausse de l'insécurité et de l'instauration d'un climat d'angoisse dans les villes. D'autres facteurs de désordre sont le manque de logements et la cherté de la vie, résultats incontestables d'abus que le pouvoir parisien fait mine de ne pas voir.
Parmi les nombreuses causes du désordre, je vais m'attarder sur la pénurie d'eau. La Réunion n'échappe ni aux bouleversements climatiques ni à la pression démographique et l'eau y devient rare. Pourtant, la présidente de mon groupe, Mathilde Panot, nous avait alerté, à l'issue de son enquête parlementaire, sur les risques d'aggravation de la pénurie, notamment dans les outre-mer, et préconisé des solutions à appliquer. Mais, comme à son habitude, la Macronie a dit niet et n'a pas suivi.
Pourtant, une fois encore, nos alertes deviennent malheureusement des réalités dans nos territoires. À La Réunion, la situation est inédite : beaucoup trop de robinets sont à sec, avec tous les désagréments que cela entraîne pour les habitants et les services publics. En 2023, j'avais fait adopter un amendement prévoyant de consacrer 100 millions d'euros à un plan d'urgence pour l'accès à l'eau en outre-mer. En 2024, j'ai proposé 500 millions. Mais les recours au 49.3 de Mme Borne et de M. Barnier ont guillotiné nos justes propositions.
L'eau n'est pas une marchandise comme les autres ; elle est un bien commun et un droit fondamental. La Macronie est-elle enfin prête à agir de manière responsable ? Il le faut, car nous savons tous que, si rien n'est fait, la situation s'aggravera d'année en année.