Boris Tavernier En cette période de vœux, monsieur le ministre chargé de la santé, permettez-moi de vous adresser les miens, et peut-être le plus important d'entre tous : une bonne santé.
Un ingrédient central d'une bonne santé, vous le savez, c'est de bien manger. Mais alors pourquoi tant de gens mangent-ils mal ? C'est un peu de leur faute, non ? Ils ne font pas d'efforts !
On leur dit pourtant de consommer des produits de saison, de cuisiner des produits frais, non transformés, de manger cinq fruits et légumes par jour – mais ils ne le font pas. Résultat : une épidémie d'obésité et de surpoids, de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires.
Alors, pourquoi s'empoisonnent-ils ? Je vais vous le dire : c'est une affaire de choix, ou plutôt de non-choix.
Comment faire le choix d'une alimentation saine, quand l'offre ne le permet pas ? La semaine passée, l'association Foodwatch montrait l'omniprésence du sucre, même là où il ne devrait pas se trouver. Les produits analysés contenaient, pour 85 % d'entre eux, des sucres ajoutés : conserves de petit pois, pain de mie, pizzas ou biscottes. Dans les rayons des supermarchés, difficile d'y échapper.
Comment faire le choix d'une alimentation saine quand le porte-monnaie ne le permet pas ? Alors que la précarité alimentaire ne fait que croître, les produits les plus sains sont aussi les plus chers.
Comment faire le choix d'une alimentation saine quand le matraquage publicitaire nous pousse à faire tout l'inverse ?
Comment faire le choix d'une alimentation saine et durable quand on ne peut se la procurer que de plus en plus loin, trop de quartiers et de villages étant désertés par les commerces de proximité ?
Vous, qui êtes également médecin, en conviendrez : le diagnostic est posé. Le remède : donner aux gens le pouvoir de véritablement choisir leur alimentation.
Protégez la santé des Français. Mettez les industriels et la grande distribution face à leurs responsabilités. Cessez de seulement vouloir éduquer les gens : ils savent déjà. Éduquez les industriels. Contraignez-les. Exigez, par produit, la transparence sur les marges. Exigez qu'ils modifient leurs recettes.
Hissons l'alimentation au rang des priorités. Travaillons à une grande loi sur l'alimentation et faisons de l'alimentation un droit.