Manuel Valls, ministre d'État, ministre des outre-mer . Le gouvernement prend très au sérieux vos préoccupations, qui sont légitimes. Elles rejoignent celles de nos concitoyens confrontés au fléau de la vie chère, en Martinique et plus largement dans la plupart des territoires ultramarins.
Au-delà des pratiques du groupe Bernard Hayot, que vous avez mentionné, l'opacité entourant la formation des prix et les marges réelles soulève des questions essentielles quant à l'équité des pratiques commerciales en Martinique et ailleurs. Le tribunal de commerce de Fort-de-France a récemment enjoint à GBH de publier ses comptes. Cette décision judiciaire est une étape importante vers davantage de transparence et nous attendons du groupe qu'il se conforme pleinement à cette injonction.
Demain, vous examinerez la proposition de loi déposée par Boris Vallaud et Béatrice Bellay, dont l'engagement sur ce sujet est particulièrement important, comme l'est le vôtre.
Transparence, justice, égalité, vérité doivent enfin s'imposer face au profond sentiment d'injustice que vous avez rappelé. De grands groupes très performants, voire un grand groupe très performant, jouent souvent un rôle d'étouffement de l'économie et du pouvoir d'achat en multipliant les prises de marché presque partout dans les outre-mer. Cela concerne de nombreux secteurs, parmi lesquels l'automobile, l'agriculture, le béton et l'alimentation.
L'opacité et l'accumulation des marges à chaque étape de la chaîne d'approvisionnement sont au cœur du problème de la vie chère. Face aux doutes et aux contestations, l'État doit enfin jouer pleinement son rôle protecteur. Si nous devons veiller à l'application effective du protocole signé il y a quelques mois en Martinique, il faudra cependant aller beaucoup plus loin pour rétablir une juste concurrence au profit de l'ensemble de nos concitoyens.
L'urgence est grande ; je vous assure de mon plein engagement à vos côtés, avec les forces économiques et sociales de vos territoires.