Caroline Yadan Se souvenir. Se souvenir de l'histoire et la regarder en face pour construire l'avenir. Il y a quatre-vingts ans, le monde découvrait à Auschwitz le plus grand charnier de tous les temps, celui de l'extermination méthodique et industrialisée des Juifs. Un crime si indicible qu'un nouveau mot fut créé pour le désigner : Shoah.
La Shoah a été l'aboutissement d'un long processus consistant à préparer les esprits, durant des décennies, à la haine des Juifs et à leur déshumanisation. Or la bête immonde est de retour parmi nous.
Le 7 octobre 2023, elle a pris la forme d'une pornographie de l'horreur : des viols méthodiques, des corps éventrés, des familles réduites en cendres, des bébés arrachés à la vie, dans une intention génocidaire et un désir d'extermination qui n'a rien à envier à celui qui a conduit à la destruction des Juifs d'Europe.
Pourtant, loin de susciter un élan universel de solidarité, ces massacres ont fait exploser un antisémitisme, pétri de bons sentiments, offrant à la foule un permis de haïr au nom du progressisme, des droits humains et de la paix.
Cette haine du Juif est exaltée par un dangereux parti à l'extrême gauche de cet hémicycle , qui trouve que l'antisémitisme est résiduel, qui reprend les accusations moyenâgeuses des Juifs « empoisonneurs de puits », qui défend les chasseurs de Juifs dans les rues,…