Alexis Jolly La stratégie – si tant est qu'on puisse encore employer ce terme – industrielle de la France est une catastrophe de premier ordre. La situation de l'entreprise PhotoWatt, située à Bourgoin-Jallieu, dans ma circonscription, est particulièrement éloquente : cette entreprise, pionnière dans la fabrication de panneaux photovoltaïques, véritable fleuron national dans le secteur d'importance stratégique des énergies nouvelles, a été purement et simplement sabotée. Au lieu de la soutenir et de valoriser son savoir-faire reconnu dans le monde entier, les gouvernements successifs, dont vous êtes les continuateurs, l'ont totalement abandonnée à la merci de ses concurrents asiatiques. Elle se prépare à fermer définitivement ses portes, laissant sur le carreau 162 salariés aux compétences que d'autres pays se feront un plaisir d'acheter à prix d'or.
Ce sabotage de l'économie française est dénoncé par l'ensemble de nos capitaines d'industrie et restera l'un des plus grands scandales de notre temps ; le président de Michelin l'a bien expliqué la semaine dernière au Sénat. Notre stratégie industrielle alterne entre le dramatique et l'absurde. La France disposait d'un avantage concurrentiel exceptionnel dans le secteur de l'énergie : vous l'avez méthodiquement flingué pour satisfaire l'escroquerie écolo. Nos entreprises avaient besoin de protections : vous les avez soumises à une concurrence féroce, à des coûts de production deux fois inférieurs aux nôtres. Elles avaient besoin de liberté pour produire et innover : vous les avez contraintes, bridées et écrasées de normes et de charges toujours plus lourdes.
À l'heure où le monde entier est engagé dans une course à la domination économique, vous laissez la France se faire marcher dessus comme un paillasson, vous bornant à invoquer une Union européenne qui cherche à nous faire la peau. Face à ce scandale, comptez-vous enfin réagir pour stopper l'hémorragie et sauver ce qu'il reste de notre industrie nationale, ou vous contenterez-vous de gérer le déclassement et la destruction de l'économie française, pour le plus grand bonheur de nos concurrents ?