Ugo Bernalicis À l'heure où Trump, avec des relents autoritaires, lance le programme « Stargate » pour développer l'intelligence artificielle, quel est le projet de la France en la matière ?
Selon le média d'investigation Disclose, la France d'Emmanuel Macron a secrètement intrigué, en 2023, pour introduire dans la loi européenne sur l'IA la possibilité d'utiliser la reconnaissance biométrique dans l'espace public, en temps réel, lorsqu'elle estime que « la sécurité nationale » – incluant le maintien de l'ordre – est en jeu. Qui pourrait-on rechercher concrètement, et sur quelle base ? Le courrier du secrétariat général pour les affaires européennes est très clair : il est pour la France « très important de préserver la possibilité de rechercher une personne sur la base de critères objectifs exprimant une croyance religieuse ou une opinion politique ». Comment ? Grâce à la vidéosurveillance algorithmique en temps réel, en détectant notamment « le port d'un badge ou d'un accessoire ».
L'arc réactionnaire macroniste, tout à son obsession ultrasécuritaire, est allé jusqu'à persuader les autres pays de l'UE de déroger , au nom de la sécurité nationale, à l'interdiction de l'usage de l'IA prévue par les articles sur les « risques inacceptables », afin de rechercher une personne sur la base de la « race, [des] opinions politiques, [de l']affiliation à une organisation syndicale, [des] convictions religieuses ou [de la] vie sexuelle ». Pire, selon une source citée par Disclose, la France « est le seul pays à avoir demandé cette exclusion totale » du règlement pour tous les aspects du maintien de l'ordre. Nous avons devant nous des menteurs professionnels : ils avaient juré en 2023 devant la représentation nationale qu'ils ne voulaient pas développer la reconnaissance biométrique, mais ils ont écrit la même année au Conseil de l'UE pour permettre la mise en place d'un tel outil, en pire !
Plus rien ne distingue le macronisme autoritaire de l'extrême droite. Puisque M. Cédric O, qui est directement concerné, n'est pas là, et puisque MM. Bayrou et Buffet n'y sont pour rien, je m'adresse à l'ancienne première ministre Borne – ça tombe bien, elle est toujours là – pour qu'elle rende des comptes à ce sujet.