Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères . Face à l'éventualité de la hausse des droits de douane américains, il faut d'abord garder notre sang-froid en rappelant, comme vous l'avez fait, qu'il n'y a aucun déséquilibre commercial dans notre relation avec les États-Unis. Il est vrai que ces derniers achètent plus de voitures et de spiritueux en Europe que nous n'en achetons chez eux, mais cette situation est compensée par l'excédent américain en matière de services et d'investissements. Il n'y a donc rien à rééquilibrer.
Ensuite, souvenons-nous que la dernière fois que les États-Unis se sont lancés dans une guerre commerciale, en 2018, cela leur a coûté très cher – environ 200 euros par habitant, avec un coût supérieur dans les comtés républicains par rapport aux comtés démocrates. Je peux vous affirmer, sereinement mais fermement, que si l'Europe devait être visée par des droits de douane, elle répliquerait sans aucune hésitation.
Enfin, vous avez raison de souligner l'importance d'établir sans attendre de nouveaux partenariats, afin de permettre à nos entreprises de trouver d'autres débouchés, dans l'éventualité d'un bras de fer commercial avec les États-Unis. C'est pourquoi l'Union européenne a récemment repris contact avec le Mexique, lui aussi concerné par la hausse des droits de douane américains ; il en sera de même prochainement avec l'Inde. Grâce à notre diplomatie économique, qui fête son dixième anniversaire, et à Business France, qui accompagne environ 13 000 entreprises chaque année, nous aidons les entreprises françaises à développer leurs capacités de production et de vente partout dans le monde – en Amérique du Nord, mais aussi dans l'Indo-Pacifique, en Asie centrale, en Afrique et en Amérique latine.