Florence Herouin-LéauteyJe les ai trouvés désabusés, comme beaucoup d'entre nous, à la suite de la nouvelle annoncée jeudi non par le ministère, mais par la société Pass culture : la part collective du pass est gelée.
Cette mesure porte un coup d'arrêt brutal à des milliers de projets d'éducation artistique et culturelle, véritables ponts vers la culture. Priver une génération d'élèves de cette voie d'accès aux spectacles, aux musées, à la pratique musicale et théâtrale, non seulement constitue une erreur, mais sape la promesse républicaine que porte l'école publique : l'égalité des chances par un accès universel à tout ce qui ouvre et éveille l'esprit.
Notre devoir consiste à nous assurer que la culture qui transforme, éduque, émancipe, reste accessible à tous. Il convient donc que notre engagement soit absolu : si nous cessons de soutenir les enseignants et le secteur culturel, si l'État se contente de distribuer des chèques, la culture, réduite à un acte de consommation, n'aura plus aucun sens. Quel message entendez-vous envoyer aux artistes, aux compagnies, aux intermittents du spectacle, en faisant stopper net les projets de classe ou d'établissement, parfois en cité éducative, et continuant de déverser l'argent à flots sur la part individuelle du pass ?
À l'heure où nous parlons, madame la ministre de l'éducation, des dizaines de milliers de projets pédagogiques sont suspendus à votre décision ; des centaines de milliers d'intermittents sidérés, en colère ; autant d'enseignants, dans tous les collèges et lycées de France, de nouveau en butte au mépris de l'institution. Quand comptez-vous réactiver la part collective du pass culture ?