Sébastien Peytavie L'adoption de la loi du 11 février 2005 représentait un grand espoir pour les douze millions de personnes handicapées de notre pays. Or alors que nous fêtons les vingt ans de son adoption, on ne peut que constater que cette journée ne revêt nullement les couleurs de la célébration mais bien celles d'un retard affligeant dans tous les domaines : précarité massive, dérogations à n'en plus compter, ségrégation des personnes handicapées… Chaque jour, la France se déshonore davantage par ses entraves à l'application de la convention des Nations unies sur les droits des personnes handicapées.
Nous devons sortir de la vision médicalisée du handicap. Car ce n'est pas la déficience qui crée le handicap, mais bien une société excluante et des politiques publiques qui marginalisent.
Ma collègue Christine Le Nabour et moi débutons cette semaine une mission d'évaluation de la loi de 2005. Mais cette réflexion, nous devons la mener toutes et tous. Si je m'adresse à vous, monsieur le premier ministre, c'est aussi plus largement à nos institutions et aux collègues. Quand allons-nous enfin prendre en compte systématiquement les besoins des personnes handicapées dans nos textes de loi ? Ce sont souvent les premières touchées mais les dernières prises en compte, et j'ai une pensée particulière pour les personnes handicapées de Mayotte, qui pourraient bien être exclues davantage encore si les politiques de réhabilitation ne font pas de l'accessibilité une priorité absolue. Les droits fondamentaux des personnes handicapées doivent être l'affaire de tous, il en va de la responsabilité de chacun et de chacune des ministres et des députés sur tous les bancs.
Dès lors, vingt ans après la loi de 2005, vous engagez-vous, monsieur le premier ministre, à ce que notre république reconnaisse enfin chacune et chacun de ses citoyens dans leur singularité ? Vous engagez-vous à ce que chaque projet de loi intègre systématiquement son impact sur les personnes les plus empêchées de notre société ? Car nous voulons non de la charité, mais des droits ! Le droit à une vie digne, le droit à l'éducation, le droit à un emploi décent et le droit à l'autodétermination.