Damien Girard Monsieur le ministre chargé de l'industrie et de l'énergie, une industrie sans usines n'a pas d'avenir. Fonderie de Bretagne est à l'agonie et Renault joue la montre. Lors de l'audition de Lucas de Meo, le 4 février, la représentation nationale a fait bloc. Elle l'a questionné, quasi unanime pour dénoncer son absence de vision et défendre ce site stratégique – une unité rare, à la hauteur de l'enjeu. Il est désormais impératif que le gouvernement, à commencer par vous, monsieur le ministre, se montre lui aussi à la hauteur.
Car ce que réclament les salariés, ce n'est pas une faveur, une subvention à perte ou une perfusion éternelle. Ils demandent simplement du temps : deux ans pour se diversifier, s'adapter et devenir une pépite industrielle créatrice d'emplois. Pourtant, Renault refuse ; pire, Renault se cache derrière des contrevérités. On nous parle de l'électrification qui obligerait à diminuer les volumes de commandes. C'est faux : les pièces fabriquées sur ce site équipent aussi bien les véhicules thermiques qu'électriques.
En plus de cette mauvaise foi, Renault joue la provocation en proposant aux salariés une solution indécente : être délocalisés à 500 kilomètres, loin de leur terre, de leurs familles, de leurs racines. Cette proposition est insultante. L'État détient 15 % de Renault, ce qui vous donne un levier – et une responsabilité. Renault n'a pas hésité, par le passé, à solliciter massivement la solidarité nationale : ce sont les impôts des Français qui ont contribué à le sauver. Quand on a bénéficié d'un tel soutien, le made in France doit être une exigence, pas un slogan.
Les salariés se battent. Les élus locaux sont mobilisés. La représentation nationale a fait son devoir. Pourtant, vous n'êtes encore jamais venu sur le site. Je vous invite à venir le visiter pour rencontrer les salariés de Fonderie de Bretagne. Acceptez-vous cette invitation ? Imposerez-vous à Renault le respect de ses engagements pour défendre un site essentiel à notre souveraineté industrielle ? Ne laissez pas Renault fuir ses responsabilités !