Naïma Moutchou La justice ne se divise pas. La justice n'a pas d'ennemis dans ses rangs. Il n'y a pas, d'un côté, ceux qui protègent et, de l'autre, ceux qui défendent. Il n'y a qu'une seule exigence : rendre une justice incontestable, efficace et rapide.
Le groupe Horizons & Indépendants a toujours défendu une ligne claire : celle d'une institution judiciaire ferme, qui frappe juste et fort ceux qui menacent notre sécurité. Le narcotrafic, l'immigration illégale, la criminalité organisée, la délinquance violente – notamment des mineurs –, ces combats doivent être menés sans relâche, avec des moyens renforcés pour nos enquêteurs, nos policiers, nos magistrats.
Mais cette fermeté ne peut reposer sur des raccourcis ; elle ne doit pas s'opposer au respect des droits de la défense. Au contraire, cette fermeté en a besoin : une condamnation n'est légitime que si elle est inattaquable. Une enquête bien menée, une instruction rigoureuse, un procès équitable : c'est ainsi que la justice se fait respecter.
Une inquiétude monte : certains laissent entendre que les avocats abuseraient des recours, qu'ils exploiteraient les failles du droit pour bloquer les procédures, qu'ils compliqueraient le travail de toute la chaîne pénale.
Mais défendre un justiciable, ce n'est pas entraver la justice, c'est garantir qu'elle se rende dans les règles. Une société où la défense deviendrait suspecte, où contester une procédure serait vu comme une manœuvre, c'est une société qui affaiblirait elle-même l'autorité de ses propres décisions judiciaires.
Alors, comment garantir que l'indispensable efficacité, et fermeté, de la justice ne se traduise pas par une justice expéditive ? Comment s'assurer que, dans notre combat commun contre la délinquance et la criminalité, enquêteurs, policiers, avocats et juges puissent œuvrer ensemble pour une même cause – une justice crédible et respectée ?