Maxime Michelet La flavescence dorée est un fléau qui touche désormais la totalité des vignobles de France ; d'aucuns la qualifient à juste titre de phylloxéra du XXIe siècle. En fonction de leurs spécificités, certaines régions viticoles cohabitent avec cette maladie, quand d'autres continuent de déployer une stratégie d'éradication. C'est notamment le cas de la Champagne, où j'ai l'honneur d'être élu : des dizaines d'hectares y seront arrachés cet hiver afin d'enrayer le développement de la maladie. La Bourgogne et le Val de Loire prennent le même chemin, tout comme peut-être bientôt l'Alsace. La flavescence dorée est donc une menace nationale et la stratégie d'éradication est vitale pour de nombreux vignobles.
En Champagne, nous nous sommes engagés dans une course contre la montre. En 2023, 900 pieds infectés ont été identifiés ; ils étaient 10 000 en 2024. Face à l'ampleur de cette épidémie, à la rapidité de sa propagation et au délai d'expression de ses symptômes, l'intensification de l'effort de surveillance et de lutte est incontournable. Aussi, la prospection obligatoire dans toutes les communes viticoles, y compris celles qui ne sont a priori pas contaminées, sera l'un des facteurs-clés du succès de cette stratégie. Nos viticulteurs ont besoin que nous développions très rapidement des outils, notamment réglementaires, afin d'encadrer la lutte contre la flavescence, en particulier dans ces zones non contaminées.
Madame la ministre de l'agriculture, le vignoble français est une part inaliénable tant de notre richesse nationale que de notre identité. Au-delà d'une tradition pourvoyeuse d'emplois, de dynamisme économique et de débouchés commerciaux, le vignoble caractérise nos paysages et nos villages dans de nombreuses régions. Qui pourrait imaginer la France sans vignobles, sans vin ou sans vignerons ? Au regard de l'urgence et de la gravité de la menace, quels outils et quel calendrier pouvez-vous mettre à la disposition de nos viticulteurs ? Vous engagez-vous à ce que l'État mobilise toutes ses forces afin de mener ce combat vital pour l'avenir de nos vignobles ?