Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères . Je vous remercie d'appeler la représentation nationale à se saisir de ce sujet fondamental, essentiel pour notre avenir. Depuis trois ans, les Français sont soumis à une propagande russe qui utilise tous les outils de la désinformation et les manœuvres informationnelles. Leur regard peut donc être biaisé, ou troublé, sur les conséquences dramatiques et délétères d'une capitulation de l'Ukraine.
Mercredi dernier, j'ai réuni mes homologues de quelques pays d'Europe et du Royaume-Uni et notre conclusion est simple : tant que les Ukrainiens se battront et tant qu'ils n'auront pas reçu une proposition de paix juste et durable, nous les soutiendrons. Il ne s'agit pas d'accepter un cessez-le-feu fragile ou une pause transitoire.
J'y insiste, il n'y aura pas d'accord sans les Ukrainiens et sans les Européens. Ce n'est pas une exigence, mais un constat : les Ukrainiens refuseront de déposer les armes si on leur propose une fois encore un accord de cessez-le-feu fragile, qui conduirait inévitablement à la reprise des hostilités, et nous les soutiendrons.
Pour obtenir un tel accord, pour que la paix que nous appelons de nos vœux soit durable, elle devra être entourée de certaines garanties. Et qui apportera ces garanties ? Les Européens ! En conséquence, par la force des choses, qu'on le veuille ou non, une paix juste et durable en Ukraine n'interviendra qu'avec le consentement et la participation des Européens.
Pour la paix en Ukraine, comme pour notre propre sécurité, nous devrons consentir des efforts considérables au cours des décennies à venir. Les Français auront besoin de force morale et des armes de l'esprit pour faire face à ces défis colossaux.