Christine Arrighi Le tribunal administratif de Toulouse a jugé que l'A69 ne répondait pas à une raison impérative d'intérêt public majeur, selon les articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l'environnement, précisés par décret en Conseil d'État signé par Mme Borne, première ministre, Christophe Béchu, ministre de la transition écologique, Éric Dupond-Moretti, ministre de la justice, Marc Fesneau, ministre de l'agriculture et Hervé Berville, secrétaire d'État à la mer et à la biodiversité. C'est une victoire du droit face au fait accompli et une reconnaissance des arguments incontestables qui ont été avancés de longue date par les associations, les scientifiques et les citoyens mobilisés.
Ce jugement, votre gouvernement le conteste, à grand renfort de déclarations irresponsables de la ministre de la transition écologique et du ministre des transports, qui demandent en outre la poursuite du chantier, au mépris de la justice et des principes de l'État de droit. Quels sont leurs arguments ? Le coût pour le contribuable et un chantier déjà bien avancé. Mais ce n'est pas la justice qui met le contribuable en difficulté ! C'est votre aveuglement et votre entêtement à poursuivre ce projet, malgré ses incohérences économiques, ses aberrations sociales, sa dette environnementale et son montage juridique hasardeux, soigneusement couvert par le secret des affaires.
Respecter l'État de droit ne peut être à géométrie variable. L'A69 nous le montre : il est grand temps de repenser les projets d'infrastructures routières et autoroutières de notre pays. Plutôt que de laisser votre gouvernement s'obstiner dans cette impasse juridique et financière, quand allez-vous enfin renoncer à ce projet mortifère et engager une véritable concertation, afin de donner lieu à des solutions modernes de mobilité qui soient durables, justes et adaptées aux besoins des territoires, dans le Tarn comme ailleurs ?