Sabrina Sebaihi L'épidémie d'obésité touche 8 millions de personnes tandis qu'un Français sur deux est en surpoids. Cette réalité frappe encore plus durement nos territoires ultramarins et de manière plus générale les Français les plus précaires, qui n'ont d'autre choix que d'acheter les produits les plus sucrés, les plus gras, les plus salés et les plus transformés, tout simplement car ce sont les moins chers.
Les lobbys de l'agro-industrie capitalisent sur l'absence de transparence en sacrifiant la santé des consommateurs pour assurer des dividendes à leurs actionnaires. Ce sont ces mêmes lobbys qui ont fait pression sur la Commission européenne pour empêcher la généralisation du nutri-score. Face à cela, la France est restée silencieuse. Pourquoi avoir peur d'informer les consommateurs ?
Pourtant, les conséquences sanitaires sont catastrophiques : diabètes, maladies cardiovasculaires et cancers se multiplient dans notre pays. Être en surpoids en France, c'est aussi subir la grossophobie, cette discrimination omniprésente dont on ne parle jamais. Une femme obèse a huit fois moins de chances d'être embauchée qu'une femme qui ne l'est pas. Cette grossophobie stigmatise et exclut. Elle entraîne une maltraitance médicale et éloigne les personnes obèses et en surpoids de la prise en charge dont elles ont besoin. Cette journée mondiale de lutte contre l'obésité doit aussi être une journée de lutte contre la grossophobie.
Alors que les professionnels de santé ont besoin d'une feuille de route et de moyens, l'inaction de l'État sur ce sujet laisse le champ libre à l'industrie pharmaceutique qui pallie ce manque en proposant des médicaments sur lesquels nous n'avons que peu de recul. Je crois que tout le monde ici se souvient de l'affaire du Mediator. Le courage, c'est d'interdire la publicité ciblant les enfants, de taxer le sucre ajouté et de permettre une alimentation saine et accessible à tous.
Le courage, c'est d'investir massivement dans la prévention et la recherche afin qu'aucune personne obèse ne soit plus obligée de passer un examen médical chez un vétérinaire.
Madame la ministre, quelles mesures concrètes proposez-vous pour lutter contre l'obésité ? Comment comptez-vous lutter contre la grossophobie ? Quand allez-vous enfin protéger l'intérêt des Français face aux lobbys de l'agro-industrie ?