Christophe Plassard …présentée à 420 milliards d'euros, elle avait cependant été votée à 413 milliards, ce qui représente une perte de 1 milliard par an.
Il faut faire de cette contrainte une opportunité.
Une opportunité, car nous sommes les seuls, en Europe, à disposer d'un modèle d'armée complet et cohérent, nous permettant de parler d'égal à égal avec les superpuissances, et d'assumer, sans arrogance, une forme de leadership.
Une opportunité, car nous sommes la seule puissance nucléaire européenne, autonome, et souveraine. Il n'est pas question de partager la décision d'appuyer sur le bouton. Le général de Gaulle avait déjà compris, en 1962, que nos intérêts vitaux ont une dimension européenne.
Une opportunité, car notre base industrielle et technologique de défense, forte de 4 000 entreprises et de 200 000 emplois, s'est hissée, en 2024, au second rang mondial des pays exportateurs.
Mais, pour protéger la France et l'Europe, nous avons besoin de financements.
En 2023, je proposais, dans un rapport sur l'économie de guerre, de multiples pistes : grand emprunt, livret dédié, fléchage des livrets réglementés ou encore labellisation des entreprises de défense.
J'ai soutenu ces idées lors des débats sur la loi de programmation militaire, lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2024 puis dans une proposition de loi spécifique, sans qu'elles ne puissent aboutir. Le sujet reste entier, et les conclusions de mon rapport tristement d'actualité.
Monsieur le ministre de l'économie, ma question est double.
Révision de la LPM, projet de loi de finances rectificative dédié, nouvelles ressources, fléchage des livrets ou nouvelle offre d'épargne, fonds européens : quelles sont vos pistes de travail – et quel est, surtout, dans un contexte d'urgence, votre calendrier – pour apporter des financements à hauteur des enjeux de sécurité du pays et du continent ?
Et comment, pour soutenir cet effort, comptez-vous insuffler l'esprit de défense dans notre économie ?